• Koma (interview 1996)

    Franchement, moi j’ai eu la chance, avec Fabe, de pouvoir aller faire des concerts avec lui et de voir comment ça se passe en majorité en France. Il y a beaucoup de rappeurs sur Paris qui vont tomber de haut quand il vont voir qu’est-ce que le public du rap en province.

    Photo © Aurore Vinot

    Interview réalisé en 1996 (DWT numéro 7, édition papier)

    Down With This : On remarque la bonne entente entre Fabe et Koma, est-ce un duo que l’on va retrouver souvent ?
    Koma : Je pense. On s’entend bien, on pense à peu près de la même façon, on sait ce qu’on veut faire et on sait où on veut aller.

    DWT : Comptez-vous rester tous les deux en solo ?
    Koma : C’est à voir. Il faut déjà essayer d’évoluer tout seul, et de voir où tu peux aller tout seul.

    DWT : On remarque que tes textes sont souvent teintés des milieux défavorisés, est-ce que c’est un thème qui reviendra souvent ?
    Koma : Pas vraiment. Je pense que suis porté sur le thème arabe qui vit en France. Je parle de ce que je connais. J’ai toujours vécu dans un quartier où il y avait des arabes, des noirs, des français de souches assez «bas fonds». Je vais pas te parler du 16ème et de ce qui se passe ailleurs alors que j’en sais rien.

    DWT : Tu penses que le rap devrait prendre cette direction où qu’il devrait s’orienter vers des choses un peu plus superficielles ?
    Koma : Personnellement, je pense qu’en france, il y trop d’américains. Il y a des gens qui vivent plus dans une fiction qu’une réalité. Par rapport à ça, j’ai pris du recul. Je sais où je vis, je sais ce qui s’il passe, et je le raconte, sans dire que je fais ceci, cela. C’est ça le rap : tu vois ce qu’il se.passe autour de toi et tu le décris…

    DWT : avec des problèmes propres à ceux de la France…
    Koma : Bien sûr. Je vais pas parler des problèmes espagnol ou américains ! C’est vrai qu’il y en a qui le font et qui ont les habits qui vont avec, mais pas moi. Je pense que les cailleras aux Etats-Unis s’habillent d’une certaine manière. Maintenant les cailleras en france ne s’habillent pas de cette manière. En france, on avait un pur style, des survêtements… Ils veulent nous inventer un nouveau style, ils veulent prendre le style des Etats-Unis alors qu’on a un pur style !

    DWT : Tu leur reproches aussi de trop calquer le style ricain au niveau de l’artistique…
    Koma : Le rap se fait d’une manière. On sait d’où il vient. On va pas dire qu’on a inventé le rap. Quand t’es dans un pays, à partir du moment où il y a un oppresseur des oppressés, des gens qui se sentent mal et bien, ils veulent passer un message. Donc le rap arrive, c’est obligé.

    DWT : Tu penses que le fait que le rap s’implante de plus en plus dans les quartiers et cités, ça le fait évoluer?
    Koma : C’est le vrai public du rap. Franchement, moi j’ai eu la chance, avec Fabe, de pouvoir aller faire des concerts avec lui et de voir comment ça se passe en majorité en France. Il y a beaucoup de rappeurs sur Paris qui vont tomber de haut quand il vont voir qu’est-ce que le public du rap en province.

    Propos recueillis en 1996 dans le cadre du dossier spécial Complot des bas-fonds réalisé par Nobel, Koper, L’Avokato (10’Syple), Beucay et Alain Garnier

    Retrouvez Fabe et Koma au travers la carte blanche inédite d’Alain Garnier

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Discussion 4 commentaires

  1. 5 février 2013 à 21 h 19 min

    wé la belle époque !

  2. 5 février 2013 à 19 h 31 min

    La belle époque

  3. 5 février 2013 à 19 h 30 min

    Ne joue pas avec le feux car tu risquerais de te brulé….aïïïïe

  4. 5 février 2013 à 17 h 53 min

    Mortel j’ai encore l’exemplaire papier Collector!!!!

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