• Kimto Vasquez, l’explorateur

    C’est ce qu’il m’arrive, mon insolence ne passe pas auprès des Inrocks. On continue à me parler dans le rap, je suis encore sollicité car ils voient bien que je ne suis pas devenu un horrible raciste antisémite ou je ne sais quoi.

    Photo © Down With This

    Kimto Vasquez sort en trombe du peloton rap français pour tenter une échappée en solitaire. Une distance irrémédiable qui ne cessera surement de le déclasser tant sa motivation est atypique. L’entraide entre équipiers sera difficile… Aussi surprenant que cela puisse paraître, le coureur Kimto a décidé de rouler sur des pistes jusqu’à lors jamais pratiqué dans le rap : il est maintenant le premier artiste d’une culture traditionnellement ancrée à gauche fréquentant des courants alternatifs liés à la droite dure ! Ne sont jamais loin les références à Dieudonné, la branche humoriste d’Al Quaïda et Alain Soral, écrivain (ex « communiste frontiste » connu pour son rejet du rap et ses stratégies de principal artisan du ralliement des jeunes issus de l’immigration au sein du FN de 2007 à 2009). Le retour de Kimto ne marque donc pas une simple volonté de participer aux étapes contre la montre du rap débile et abrutissant. L’ex-moitié de Less du Neuf a choisi de réfléchir, de se poser des questions et trouve certaines de ses inspirations dans des écrits qui prêtent à polémiques. Alors que Kimto livre son nouvel album, L’Océan (sortie en octobre 2012), il va se voir rapidement décerner le maillot jaune de l’ignominie par certains médias après l’écoute de son morceau Tonton du café du commerce. Ses nouvelles fréquentations pèseront lourd dans la balance. Dorénavant, les pires soupçons planent au dessus de sa tête. D’autres rappeurs lui emboiteront-ils le pas ? Sa position restera t-elle marginale ? Celui qui reconnaît aisément sa bonne foi et s’être déjà beaucoup trompé sur plusieurs personnes lors de sa carrière ne serait-il pas en train de récidiver ?

    Down With This : Parles-nous un peu de ton enfance et de ton pays d’origine, ça va nous détendre.
    Vasquez : Mes parents sont originaires d’un même village au Portugal. Je suis né en France, en 1975, mais j’y ai vécu quelques années à partir de 1982 parce que mes parents avaient le projet d’y retourner. Comme j’étais en âge d’aller à l’école et qu’ils ne voulaient pas que je prenne de retard, je suis resté chez mes grands parents jusqu’en 1986. J’y ai fait trois années d’école primaire et une année de collège. Le projet de retour de mes parents n’ayant pas abouti, il a fallu revenir d’urgence en France. Tout cela explique mon attachement au Portugal et à mon petit village, situé à 70 Kilomètres de Porto, sur la côte, au nord, une petite station balnéaire avec un port de pêche. Cet endroit est important car il me renvoie à tous mes souvenirs d’enfance, à mes copains d’école, à ma famille…

    DWT : Comment perçois-tu la communauté portugaise, as-tu continué d’être baigné dans cette culture à ton retour ?
    Vasquez : Mon père n’était pas très fan des week-ends en communauté et il ne me l’a jamais imposé. Nous ne fréquentions pas les associations portugaises. Je côtoie des personnes de ma communauté qui sont très discrètes, très travailleurs et d’autres aussi, plus jeunes, moins discrètes car un peu plus flambeurs. Mais cette attitude est récente, les anciens ne sont pas là-dedans. Je ne porte pas de jugements. J’aime les portugais comme j’aime les autres. Je suis fier d’être portugais et j’ai la double nationalité depuis 1994, je suis aussi français de cœur, mes enfants le sont. Cela fait vingt-cinq ans que je suis revenu en France. Depuis tout jeune, on s’est beaucoup fait critiquer pour notre côté matérialiste et m’as-tu vu quand on y allait, c’était devenu une sorte de discrimination, de cliché. J’ai un morceau sur ce thème, dans lequel je me moque un peu de ça. Avec le temps, ce sont les mêmes portugais qui se sont mis à prendre les mêmes crédits que nous, les mêmes belles voitures allemandes, au moment du lancement de l’euro et l’arrivée des crédits. A l’arrivée, ils vivent maintenant une crise horrible du surendettement. Malgré cette auto-critique, je reste évidemment solidaire car on leur avait vendu du rêve, et comme souvent, ils n’avaient pas la bonne base de données pour faire les bons choix.

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    Mes dernières thunes s’étant envolées pour la production de notre deuxième album, cela faisait déjà six mois que j’avais trouvé un travail. J’avais essayé le R.M.I. mais ce n’est pas trop mon truc de demander quoi que ce soit.

    DWT : Tu as fais parti très longtemps d’un groupe de rap, Less du Neuf, et tu as fini par faire une chose très rare chez un rappeur : aller bosser comme tout le monde…
    Vasquez : Ça a été un long processus. J’ai pris en pleine gueule mon immaturité. Je mets ça sur le dos de la crise de la trentaine mais aussi quand j’ai commencé à découvrir le vrai visage de mon producteur de l’époque. J’étais en fait bien plus solidaire de lui que lui l’était de moi. Ce revirement a donc commencé par la rupture avec Dooeen’ Damage (label de production). Malgré que la maquette du deuxième album de Less du Neuf était déjà prête, j’avais finalement décidé de le produire avec l’argent que j’avais gagné sur le projet Taxi 2. Grâce à Sarkozy, on avait monté une petite SARL à un euro (rires). Le projet n’était pas viable commercialement mais on voulait vraiment sortir cet album plutôt chouette. Naïvement. Ol’Tenzano a pris à ce moment ses distances en nous laissant tout de même ses beats. Il était de loin le plus travailleur et le plus talentueux de nous trois. Après le bonheur de la réal, pendant toute l’exploitation et la promo, je me suis mis à vivre seul, à subir toute la désorganisation d’un groupe. Il n’y avait pas vraiment de cohésion dans la direction artistique, dans la communication entre nous ainsi qu’avec les autres partenaires. J’ai beaucoup travaillé pour ce groupe, j’étais le MC régulièrement à l’heure, le MC qui choisissait généralement les instrus, qui écrivait le premier couplet et le refrain. L’autre membre m’a toujours suivi à ce niveau-là mais quand celui-ci a voulu prendre un peu plus d’initiatives sur le troisième album, je l’ai mal vécu. La direction artistique qu’il voulait prendre et ses goûts ne me convenaient pas. J’en avais aussi marre des retards, de prendre des avions ou des trains tout seul alors qu’on était attendu pour un concert. Tout ça m’a lassé et je me demandais quel en était le sens. Je m’interrogeais sur ce que je faisais de ma vie en fumant mes pets, en devenant de plus en plus triste et passif. J’en suis arrivé après à saturer durant l’enregistrement du troisième album, chez Desh, à Aubervilliers. Grosse déprime et perte de sens. J’ai tout arrêté. Mes dernières thunes s’étant envolées pour la production de notre deuxième album, cela faisait déjà six mois que j’avais trouvé un travail. J’avais essayé le R.M.I. mais ce n’est pas trop mon truc de demander quoi que ce soit. D’ailleurs quand je suis allé m’inscrire comme demandeur d’emploi, le mépris du conseiller ne m’a pas plu, et plutôt que faire le canard, je suis parti et je ne suis plus jamais revenu. J’ai trouvé du travail assez facilement, j’ai rentré quelques poubelles de bon matin, laver quelques cages d’escaliers puis rapidement, j’ai intégré une boite de travaux sur cordes où je bosse encore. Cela m’a permis d’avoir une hygiène de vie différente de ce que j’avais vécu pendant quinze ans où je n’étais qu’artiste à me coucher à n’importe quelle heure et à exagérer des plaisirs de la nuit.

    J’aurai pu être récupéré, instrumentalisé ou faire plein de conneries. D’ailleurs, j’en ai quand même fait pas mal : j’ai rappé à Skyrock et je me suis endetté auprès de mon distributeur pour que Génération passe les morceaux.

    DWT : La musique t’a tout de même apporté de bons souvenirs ?
    Vasquez : Ca a été du bonheur, en effet, j’y ai rencontré ma femme, la mère de mes garçons, j’avais réussi à garder un espace de liberté. J’aurai pu tomber dans tous les pièges, j’ai commencé à rapper jeune. J’ai également signé sur un label indépendant et fait des projets de majors en étant jeune. J’aurai pu être récupéré, instrumentalisé ou faire plein de conneries. D’ailleurs, j’en ai quand même fait pas mal : j’ai rappé à Skyrock et je me suis endetté auprès de mon distributeur pour que Génération passe mes morceaux. Le destin m’a guidé entre l’éducation que m’ont donné mes parents et l’envie de garder cet espace de liberté. Je n’ai jamais envisagé le rap comme un concept ou bien comme une esthétique définie et artistiquement. Je ne me suis jamais enfermé dans quelque chose. Quand j’ai eu envie de pleurer, j’ai pleuré. Quand j’ai eu besoin de passer de la colère, je l’ai passée. Du deuil, de l’humour, j’ai même souvent voulu atteindre une certaine légèreté. Je ne conçois pas la musique avec quinze fois la même atmosphère. Ce n’est pas un truc qui m’a séduit. Je suis guidé par les yeux de mon cœur, les synchronicités, le destin. Les rencontres et les accidents de parcours que j’ai eu m’ont servi à devenir ce que je suis aujourd’hui. J’espère continuer ma quête.

    DWT : Tu t’es remis récemment dans la musique pour sortir ton premier album solo. Tu en as mis du temps pour embrayer sur ce projet…
    Vasquez : Besoin de prendre du recul. Je me suis rapproché des valeurs de mon père. Ça m’a fait du bien et permis de retrouver un équilibre. J’avais tout de même racheté un peu de matériel car j’avais gardé le goût de faire de la musique. Quand j’avais un peu de temps, j’ai appris vaguement à faire du son avec un sampler et réaliser mes petites idées, dont la plus aboutie, « l’Océan », qui figure dans l’album. Puis j’ai rencontré Luisinho Beatmaker, un gars d’origine portugaise du nord de la France, de Cambrai. Il m’a écrit et indiqué qu’il était sensible à mon travail avec Less du Neuf. Il a commencé à me proposer des choses. J’étais très libre, je n’attendais plus rien du rap. J’ai pris énormément de temps pour faire l’album, en étant très critique. Sans le savoir, j’ai commencé à l’écrire en 2002. On laissait mûrir, on corrigeait les choses. Pour Luisinho, ça tombait bien, ça lui faisait aussi du bien car il franchissait un cap en travaillant avec un artiste qui avait plus d’expérience. Puis la concrétisation s’est accélérée lorsque mon ami Nina Kibuanda m’a invité sur son album et que j’ai rencontré le co-réalisateur du bébé.
    Je ne peux pas ne pas citer le talentueux Ben Bridgen, à qui je dois le côté hybride de cet album auquel je tenais absolument ; les arrangements, des compositions originales et toute la chaleur des instruments. Je me réclame autant du rap que de la chanson française.

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    DWT : Dans le rap français, on entend souvent parler de la rue et des «vrais bonhommes». Le plus vrai d’entre eux ne serait pas celui qui s’occupe humblement de sa famille en allant bosser comme monsieur-tout-le-monde ?
    Vasquez : Nous vivons tous des situations différentes avec des tempéraments différents. Pour ma part, ne pas faire honte à mes parents m’a très souvent aidé, même dans le rap. Je leur disais que je ne perdrai pas ma dignité. Je n’ai pas essayé de m’inventer un parcours, de me créer un personnage éloigné de ce que je porte, ni profité du rap pour m’encanailler. J’avais peu d’appétit pour les filles faciles, je ne me suis pas servi de Dooeen’ Damage pour avoir des gardes du corps et sortir flamber dans toutes les soirées de Paris. Le plus souvent, je restais au quartier avec mes copains, en petit comité à rire et à refaire le monde. J’ai toujours été très proche de ce que mes parents mon inculqué malgré quelques rejets adolescents. Quand on parlait de rap de fils d’immigrés, c’était ça pour moi. On voulait transmettre les valeurs de nos parents, plus que des valeurs soixantehuitardes. Pour moi, un vrai bonhomme, c’est comme mon père et j’espère que je suis sur son chemin. La «virilité» dont tu parles, du rap, ne me parlais pas et je n’ai jamais essayé de rentrer dans cette posture-là. J’ai des souvenirs de concerts où toutes les têtes d’affiches se croisaient. Tout le monde sortait son 31. Moi, je faisais exprès de venir avec le pull que ma tante avait acheté au marché du village, au Portugal, et que ma mère me ramenait. J’étais content de porter ses sapes à un événement de rap. Ça me faisait plaisir (rires). Bon… j’avoue, j’ai eu quelques fois des looks bien foireux ! (rires)

    DWT : Au regard de ce qui est proposé aujourd’hui en terme de rap français, les rappeurs ne s’enferment-ils pas dans une invention de personnage ?
    Vasquez : Chacun son libre arbitre, ses choix. Je constate de la surenchère dans ce qui est mis en avant. Aujourd’hui, je suis dans les lectures et René Guénon, un auteur traditionaliste, appelle ça « le règne de la quantité ». J’essaie de me former un peu à la géopolitique, à l’histoire, entre autres. Je suis dans ma quête de compréhension, j’écoute les différents spécialistes et j’écoute ma « petite voix ». Il y a beaucoup de choses qu’on nous a inculqué et qu’on n’a jamais vraiment vérifié. On nous a éduqué par l’école, par la presse. On nous a appris des choses et on est resté dessus. C’est devenu un dogme en croyant que certaines choses sont acquises. La démocratie, élément important de la pensée unique, par exemple : personne ne la met en doute. On bombarde des civils pour y amener la sainte démocratie et c’est positif. Le rap forcément n’échappe pas à la beauferie et au conservatisme aveugle. On dit tout le temps dans le rap qu’on est les enfants des autres musiques noires. Mais finalement, pas tant que ça. Entre la mentalité des gens du rap et celle de ceux qui ont vécu d’autres époques, il y a globalement comme un fossé. A force d’être les deux pieds dans une culture, on oublie peut être d’avoir un pied dans la réalité. Aujourd’hui, même le plus modeste des rappeurs ne s’occupe que de son rap. Rares sont ceux mis en avant qui, à côté de leur passion pour l’écriture, de la danse ou du graffiti vont lire des livres, avoir un job à côté ou réussir à être de bons chefs de famille. Seuls le matérialisme et la violence sont mis en avant. A partir du moment où tu es dans un milieu artistique, tu as tendance à t’isoler et te couper de la réalité. Mais la réalité est cruelle. Il y a trop de choses qui ne nous plaisent pas. Le salariat, c’est aliénant, ça fait de nous des robots. Quand le rap est arrivé dans nos vies, ça nous a permis de cultiver quelque chose de nouveau par nous même, sans qu’on nous impose de normes, de formation ou d’école. Ca nous paraissait comme positif mais aujourd’hui, nous sommes en train de taper le revers de la médaille et c’est au tour du rap de devenir aliénant.

    Les mensonges sont trop énormes. Je ne vote plus, je suis entré en dissidence. Je ne crois plus en la démocratie telle qu’on nous l’a vendu.

    DWT : Justement, il semblerait que tu es inventé un nouveau format dans ta discipline, « le rap infréquentable ». Notamment à l’écoute de tes propos dans ton album, comme sur le révisionniste Robert Faurisson. Alors, heureux ?
    Vasquez : Je donne mon corps à la science en ce moment. (rires) En gros, j’avais deux tiers de l’album qui étaient réalisés quand je me suis mis à potasser sur le cas Dieudonné. Cela m’a fait connaître ou redécouvrir les gens qui étaient autour de lui, comme Alain Soral, dont j’ai étudié le livre « Comprendre L’Empire ». J’ai beaucoup aimé l’ouvrage et ça m’a mis la puce à l’oreille, car il n’y avait pas d’annotations donc un travail de recherche à faire soi-même. J’ai appris également qu’autour de Dieudonné, il y avait un historien, Paul-Eric Blanrue. C’est grâce à lui que j’ai découvert Robert Faurisson. Je savais vaguement que c’était le «pape du négationnisme» et du coup, je m’y suis intéressé en détail. «Négationnisme» est un barbarisme inventé par ses adversaires. En fait, le révisionniste, c’est un peu ce qui manque à l’historien pour être complet. L’histoire est écrite par les vainqueurs et avec le système en place, cela conditionne une population. Du coup, on a remplacé malhonnêtement le révisionnisme par ce mot de négationnisme. Mais le révisionnisme est quelque chose de normal dans l’histoire. N’importe quel historien devrait revoir, réviser, vérifier les documents historiques, les infos. C’est normal, ça bouge, c’est une science humaine. A chaque fois qu’il y a des progrès scientifiques ou de nouvelles avancées archéologiques, par exemple, de nouvelles infos peuvent êtres découvertes, retrouvées, déclassifiées et pas seulement sur une période précise de l’Histoire. J’ai entendu quelques trucs de Robert Faurisson dont je ne parlerai pas plus parce que je n’en ai pas le droit. Je ne peux pas dire publiquement si je suis d’accord d’ailleurs. Tu es obligé par la loi à croire une version « précise » des évènements, c’est comme ça, interdit par la loi. Je trouve ça très suspect que les parlementaires se mêlent d’histoire. Malsain. Ça ressemble à tout sauf à de la démocratie finalement. J’ai cru certaines choses, j’étais inscrit sur les listes électorales, j’ai voté. Mon père a vécu sous le fascisme et m’a toujours sensibilisé à ça. Aujourd’hui, je suis à un âge où je remets justement tout ça en question. Les mensonges sont trop énormes. Je ne vote plus, je suis entré en dissidence. Je ne crois plus en la démocratie telle qu’on nous l’a vendu. J’ai étudié un peu l’économie, l’histoire de la monnaie, j’ai gobé l’école et les médias comme beaucoup et je pense savoir maintenant, par d’autres alternatives comme la chronique de Pierre Jovanovic, que nous sommes au bord de l’abysse au niveau monétaire et financier. La monnaie ne repose sur rien. On est dans le virtuel, le spéculatif depuis des décennies. De moins en moins de création de richesses, de plus en plus d’emprunts à des taux fous. Les banques prêtent de l’argent qui n’existe pas. Il n’y aurait pas assez de liquidité pour tout le monde si on suivait Cantona dans son délire de tirette. Un enfant qui nait est déjà endetté de plus de 25 000 euros ! Le début de la dette dont on nous parle tout le temps remonte à la privatisation de la Banque de France. Ce qui s’avère intéressant car cela permet à nos maîtres de régner… par la dette ! Alors les clivages politiques dans tout ça, c’est de la baise ! Un outil qui sert à diviser l’électorat. C’est là tout le propos de mes chansons « Tonton Du Café Du Commerce », qui fait dans la provocation et l’humour noir, et « Amen », la conclusion de  mon album qui est plus spirituelle et « 1er degré ». Je comprends également mieux les vrais enjeux de la Révolution Française en étudiant Les Lumières de l’historienne Marion Sigaut, une horrible révisionniste (rires). Sous couvert des droits de l’homme, de liberté, d’émancipation et d’égalité, c’est finalement le libéralisme qui a émergé et pris le pouvoir sur l’aristocratie, qui était la bourgeoisie du roi. La bourgeoisie a remplacée l’aristocratie et tout cela explique un peu le monde dans lequel on est aujourd’hui. Que la Révolution ce n’était pas simplement par le peuple pour le peuple comme le dit la légende. Mais bien sûr, c’est sans fin car il faut une vie, voire plusieurs, pour étudier tout ça. Je ne demanderai pas à d’autres rappeurs de penser comme moi. Par contre, s’ils s’attaquaient à certains de ces travaux, cela donnerait à mon avis une autre dimension à notre supposé art contestataire.

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    DWT : Peux-tu nous donner des explications sur le fait que la démocratie est pour toi une fumisterie ?
    Vasquez : En politique, ce n’est pas la volonté du peuple qui fait que tu seras élu, c’est l’argent. Si tu en as beaucoup, tu gagneras. Avec la démocratie représentative et la force des médias, la démocratie est forcément une fumisterie. On en sait aujourd’hui assez sur ceux qui financent. Les condamnations pour clientélisme, emplois fictifs, trafic d’influence etc. Les gars sont réélus. Ils n’ont même plus honte. On sait qui sont les parrains des fils Sarkozy, à qui appartient Libération, Le Figaro, qui fréquente le Dîner du Siècle. Comment peux-tu mettre à égalité le vote d’un mec qui croit les médias de masse privés ou publics et un mec qui maitrise la géopolitique ou d’autres sujets essentiels ? A la limite, je préférerai que le pays soit gérer par des érudits ou un conseil de sages qui n’hésitent pas à débattre vraiment, un système de tirage au sort, de référendums, quelque chose de participatif comme le suggère Etienne Chouard, pourquoi pas… Mais il faudrait qu’on nous dise la vérité pour pouvoir bien choisir, le bon sens populaire ne vaut que si les gens connaissent la vérité…. Ou même un roi qui aime son pays et qui le défend plutôt que ces mecs du monde de la finance ou de la haute qui passent leurs temps dans des hôtels à New York ou à Tel Aviv et qui n’en n’ont rien à foutre du peuple. Attali pense comme d’autres que les pays sont des hôtels. Je suis de ceux qui croient en l’enracinement. Le village monde peuplé de nomades sans racines, ça ne me dit rien. Parce qu’il est question de ça, ils ne le cachent même plus. En 2005, on a demandé aux gens de se prononcer sur l’Europe, les gens ont répondu non ! Résultat : c’est passé en force. Voilà quelques raisons pour lesquelles je ne crois plus en la démocratie représentative et que j’ai arrêté de voter. Cela ne sert que les intérêts du capitalisme financier. Prenons l’exemple de la fermeture de l’usine PSA-Citroën à Aulnay. Le carnet de commandes était plein, l’Iran en était le principal client. De quoi faire tourner largement l’usine encore, au moins, quelques temps. Or, PSA a été repris par General Motors, qui lui même a été sauvé par l’état américain. Le problème est que les Etats-Unis ont mis en place un embargo économique sur l’Iran… Ils interdisent donc à tous leurs partenaires de travailler avec l’Iran et c’est ce qui s’est passé avec PSA. Ils se retrouvent dans une logique sioniste de défense des intérêts d’Israël contre l’Iran. C’est ce qui fait que les pauvres mecs d’Aulnay se retrouvent au chômage. Le représentant syndical l’avait d’ailleurs évoqué une fois mais après s’être fait briefé le jour même, bah le lendemain, il insultait la famille Peugeot alors qu’ils ne sont même plus décisionnaires là-dedans…

    C’est ce qu’il m’arrive, mon insolence ne passe pas auprès des Inrocks. On continue à me parler dans le rap, je suis encore sollicité car ils voient bien que je ne suis pas devenu un horrible raciste antisémite ou je ne sais quoi. C’est sûr qu’il y a de quoi être un peu frileux à partir du moment où tu ouvres une nouvelle porte…

    DWT : Et te concernant, sens-tu un embargo des médias «généralistes» à ton égard, comme ce que s’est passé avec Les Inrocks ?
    Vasquez : C’est le cas mais je ne fais pas de procès d’intentions et je ne me victimise pas. La seule censure qui est avérée, c’est justement celle des Inrocks. J’étais sur leur site dans la preview sorties rap 2012. Quelques mois plus tard, les mecs se sont réveillés en découvrant qu’il y avait des propos qui ne leur plaisaient pas. La censure est liée à la chanson « Tonton Du Café Du Commerce » mais aussi à mes fréquentations et mes amitiés au sein de l’association Égalité et Réconciliation dont je suis actuellement adhérent. Que ce soit clair, j’ai beaucoup de respect pour le boulot d’Alain Soral, c’est le président d’E&R, il m’a dirigé vers certains ouvrages clés qui m’ont permis d’avancer un peu dans ma quête de compréhension. L’équipe de son site a eu la gentillesse de relayer mon travail au moment de sa sortie et cela sans que je leur demande quoi que ce soit. Je touche un autre public et je les en remercie. Maintenant, j’ai passé l’âge d’idéaliser les gens, les groupes d’individus et d’attendre d’eux la perfection, petit message aux malhonnêtes qui le présente comme un gourou. Concernant Les Inrocks qui ont lancés une pétition qui s’appelle « Devoir d’Insolence » ou ils soutiennent un sociologue (Saïd Bouamama) et un rappeur (Saïdou du groupe Z.E.P.) qui se sont mis dans un concept, « nique la France », et son passé colonialiste. Ce cas est révélateur. Alors quand il s’agit de «niquer la France» Les Inrocks sont derrière mais quand il faut «niquer» le sionisme et la Franc-Maçonnerie, qui vraisemblablement «niquent» la France et nous tous qui la composons, il n’y a plus personne ! C’est ce qu’il m’arrive, mon insolence ne passe pas auprès des Inrocks. On continue à me parler dans le rap, je suis encore sollicité car ils voient bien que je ne suis pas devenu un horrible raciste antisémite ou je ne sais quoi. C’est sûr qu’il y a de quoi être un peu frileux à partir du moment où tu ouvres une nouvelle porte… Pour rigoler, parce que j’aime bien rigoler, j’appelle ça « le rap d’extrême droite ». J’ai trouvé un créneau sympa et vierge (rires). Ils parlent de relents rouge brun… désolé, j’étais pas né ! Je ne sais pas si ça vient de gauchistes, d’altermondialistes etc… Je ne sais pas trop ce que ces mecs me reprochent puisqu’il n’y a pas moyen de débattre avec eux. C’est toujours à base d’anathèmes et de procès d’intentions en disant gravement que je fais « la promotion capitaliste du négationnisme ». Cette tournure vient d’un blog « antifa » qui n’a pas apprécié une interview de moi dans un journal gratuit franco-portugais mais c’est très flou. Le résultat est qu’ils ont tout de même réussi à mettre de la pression et faire annuler une émission de radio. La directrice de cette radio a été prise de panique (rires). En vingt ans de direction, ça ne lui était jamais arrivé. Cette polémique semble les avoir choqué. Je suis issue de l’immigration, fier de mes racines et je ne suis pas xénophobe, ni un électeur du Front National. Je vais au contact des autres humains qu’on me présente comme ennemis pour savoir de quoi je parle, me faire mes propres avis, j’essaie d’être juste. Rendre sa complexité à ce que nous vivons, c’est urgent pour éviter le choc des civilisations tant souhaité par nos dirigeants. Si mes propos permettent à certains d’élever le débat ou de bousculer la réflexion, ça me va. Je ne veux ni me retrouver leader, ni le pauvre mouton suiveur victime.

    Tu te rends compte de la malhonnêteté des gens. Tu comprends mieux qui sont les mecs assis, qui sont les salariés et qui sont les mecs qui construisent et ceux qui mangent des cailloux.

    DWT : Fais-tu également face aux mêmes réactions de censure dans les médias plus spécialisés ?
    Vasquez : En fait, j’ai été très surpris. J’ai fait deux albums et demi avec Less du Neuf, de gros projets qui ont bien marchés comme « Opération Freestyle » avec Cut Killer, « Première Classe » ou la réalisation du premier album de MC Jean Gab’1, donc un parcours assez riche. Mais quand je vais sur des sites hip hop, bizarrement, pour un mec considéré comme un bon, il n’y a que le strict minimum à mon sujet. Par contre, ils sont capables de décortiquer des textes de stars comme La Fouine, Rohff ou Booba. Ils prennent le temps pour ça. Il y en a très peu dans le rap qui m’ont parlé de « Tonton » en me disant : «ouais tu parles de Robert Faurisson, qu’est ce qui se passe ? Tu fais référence à Jean Marie Le Pen de manière inédite, qu’est ce qui se passe ?». Ces mecs et ces médias n’ont visiblement pas eu le même intérêt pour décortiquer ce genre de textes. En même temps, ça peut se comprendre. Quand ces personnes sont installés dans leur petit confort avec leur média, qu’ils rencontrent les artistes qu’ils aiment bien, qu’ils sont invités à des concerts et qu’ils reçoivent des tee shirts et des albums promos, à un moment donné ces «journalistes» ont tendance à se comporter comme des fonctionnaires. Ils ne cherchent plus et tout vient à eux. Je suis quelqu’un de bonne foi, je suis un mec gentil. Si tu me dis quelque chose, à priori, je te crois mais au fur et à mesure, tu finis par avoir ta propre expérience et tu te rends compte de la malhonnêteté des gens. Tu comprends mieux qui sont les mecs assis, qui sont les salariés et qui sont les mecs qui construisent et ceux qui mangent des cailloux. Le système fait tout pour que ce ne soit pas les gens garants de l’intégrité et de l’évolution qui puissent être à des places de décideurs.

    DWT : Ton morceau « Ton Satellite » est une véritable référence. Il pourrait être dédié aux enfants de chacun d’entre nous. Explique nous ta démarche.
    Vasquez : Mon album solo est un testament. J’ai commencé à penser à ma mort le jour où j’ai eu mon premier fils. Ça m’a fait un choc. Avant, je n’y pensais que lors de disparitions de proches. On se tape tous nos angoisses. Du coup, tu penses à ta santé et tu te rends compte que tes problèmes personnels n’impliquent pas que toi. J’aimais beaucoup l’instru, c’était un beat souriant, très spatial, très solaire même. C’est le premier beat que Luisinho m’a proposé, je l’avais choisi avant la naissance du petit. Je l’ai gardé sans trop savoir ce que j’allais faire dessus et ça a pris du sens quand je suis devenu papa. C’est le dernier texte que j’ai écris et que j’ai posé. Ça a été très difficile, il y avait beaucoup d’émotion : voix tremblante, etc… J’aime pas la mièvrerie en chanson. J’avais déjà entendu des morceaux de collègues sur ce thème mais ça ne m’encourageait pas à le faire (rires). J’ai essayé de faire un titre plus adulte. Ce morceau s’adresse à mon fils ainé quand il sera en âge de comprendre car j’ai conscience qu’aujourd’hui, il ne peut pas en être ainsi. De nos jours, on reste un gamin très longtemps. Peut être quand il aura 20 ans et je ne sais même pas si je serai encore là. Ce que j’ai voulu exprimer à travers « Ton Satellite » est que quand tu es jeune, toutes tes conneries n’impliquent que toi. Encore plus quand tu es artiste. Ce côté très égocentré fait que tu penses que tout passe par toi, que le monde tourne autour de toi. Mais ça peut vite changer. Pour ma part, je me suis retrouvé à tourner autour de quelqu’un. Moi qui « était » soleil, je me suis retrouvé satellite.

    Photo © DR

    DWT : Tu évoquais l’humoriste Dieudonné. Comment expliques-tu son manque de soutien de la part des milieux artistiques et sa mise en marge depuis quelques années ?
    Vasquez : C’est pour moi le plus drôle et le meilleur. Il a beaucoup de talent, même au niveau du charisme, de la technique et de ce qu’il rend sur scène. Son succès populaire le prouve. Il a beau être diabolisé et boycotté, il est l’humoriste qui vend le plus de billets de spectacle en France. Il y a beaucoup de choses qui interpellent à son sujet. J’ai appris récemment qu’on lui avait proposé une grosse somme d’argent pour qu’il annule de lui-même sa dernière tournée. De qui ? Je ne suis pas en mesure de vous le dire mais il s’agirait de propositions sérieuses. C’est pour vous dire à quel point il est dangereux pour le système. Je me souviens d’être aller voir « Pardon Judas à la Main d’Or »… Je ne savais pas trop quoi penser de son passage chez Fogiel (On ne peut pas plaire à tout le monde, décembre 2003, France 3). Tout ça, c’est de la politique. Même si je suis de sensibilité pro-palestinienne de nature, pendant des années, j’ai décroché, je ne calculais même plus. Je n’avais aucune position, j’étais juste méfiant. La machine de propagande est tellement forte. Ce n’est que pendant l’été 2011 que je me suis vraiment intéressé au cas Dieudonné. Je n’ai donc rien à reprocher à ceux qui ne sont pas ses soutiens. Certains se sont désolidarisés car ils ont dû prendre peur. Je pense que Dieudo mérite qu’on se mouille pour lui. Il est à l’avant garde d’un combat citoyen. Il s’est battu contre le Front National dans les années 1990. C’est un militant anti-raciste et le jour où il a pointé du doigt le racisme israélien, le racisme sioniste, la plupart des gens l’ont lâchés. Et ça, c’est édifiant. Quand tu te penches sur l’histoire de SOS Racisme, de la LICRA et de toutes c’est associations, tu te rends compte que l’anti-racisme n’est pas leur priorité. Ils ne militent que pour la protection des œuvres sionistes. Il suffit d’observer le conseil administratif de la LICRA : que des sionistes, pas de noirs, pas d’arabes, ni de chinois ou de roms là-dedans. Ce ne sont que des membres de l’élite d’une communauté qu’il est interdit de citer sous peine d’un procès et qui cautionnent et soutiennent inconditionnellement un régime d’apartheid dans sa politique suprématiste et de répression. Quand je vois les images des derniers bombardements de Tsahal sur Gaza, il  est im-pos-si-ble que ce soit ces gens-là qui désignent qui est raciste et qui ne l’est pas en France. On ne peut pas cautionner un anti-racisme qui cautionne Israël. C’est d’une incohérence totale.

    Tout ce qui touche à la défense de l’anti-racisme et des minorités visibles est piloté par des sionistes. Regarde la manière dont ces associations apparaissent quand il y a un arabe ou un noir qui se fait tué par la police.

    DWT : Est-ce pour ces raisons que tu es sensible aux luttes pour le respect du peuple palestinien ?
    Vasquez : Oui et ce n’est pas qu’un problème régional. On a tous, toutes les petites gens, sans distinction, à perdre avec ça. Je considère que la France même est occupée. La loi Fabius-Gayssot, l’affaire PSA, l’affaire Merah sur laquelle on peut s’interroger. C’est malheureusement comme ça et depuis longtemps. Il semblerait que le dernier à résister fut De Gaulle, ce qui cacherait les vrais raisons du mouvement de 1968. Tout ce qui touche à la défense de l’anti-racisme et des minorités visibles est piloté par des sionistes. Regarde la manière dont ces associations apparaissent quand il y a un arabe ou un noir qui se fait tué par la police et comment ils en profitent pour stigmatiser le français de souche avec des amalgames sur la collaboration, la colonisation etc… Aujourd’hui encore, l’arabe ou le noir lambda est toujours confronté aux mêmes problèmes et rien n’a changé. Alors qu’au moindre semblant d’acte antisémite, souvent contredit par la suite, ça retient toute l’attention du pays et on en profite pour légiférer au nom du « plus jamais ça ». C’est un jeu malsain. Où sont les cinq israéliens qui ont tués Saïd Bourarach ? Ce n’était pas du racisme ? Qui a bougé ? Où était SOS Racisme ? La Licra ? A ma connaissance, il n’y a que Soral et Dieudonné qui ont fait une action concrète d’appels aux dons pour ramener de l’argent à sa veuve et participer aux frais de justice. Il ne suffit pas de rêver de prendre une Kalashnikov et d’aller se battre avec les Palestiniens.

    DWT : En prenant ce genre de position, as tu l’impression de retrouver sur le même chemin marginal que Dieudonné ?
    Vasquez : Je ne me suis pas retrouvé dans des situations compliquées, comparables. Je n’ai pas non plus sa carrière. Le destin a fait que je me suis déprofessionnalisé. J’ai sorti mon album solo en le produisant avec ma femme. Je n’ai plus de pression, plus de manager. On a de compte à rendre à personne. J’ai juste quand même prévenu ma femme qu’on pourrait avoir à souffrir quelques censures en sortant certains morceaux. Ça fait parti de mon cheminement intellectuel et spirituel, je suis obligé de l’assumer par conscience, par foi. Et je tends la main à tous les rappeurs, dont certains ont été mes amis. J’invite tous les rappeurs conscients ou à sensibilité politique ou spirituelle, que se soit La Rumeur, Kéry James, ou même tout ces rappeurs qui ont une influence sur la jeunesse ou qui simplement aiment leurs enfants, à lire tout ce qu’on leur a toujours interdit de lire et s’éloigner des milieux bobos et gauchistes de merde. Faire travailler leur libre arbitre en connaissance de cause. S’attacher aux faits, s’unir pour se réapproprier ce pays, qu’on se batte pour nos enfants et que l’on mette nos égos de côté, quelque se soit le bord politique, la religion ou le rang social. Prioriser nos luttes. Il y a de fortes chances que la situation devienne chaotique sans ça. Quand il n’y aura plus rien à manger dans le frigo, ça risque d’être très dur. Dans l’organisation que je fréquente, Egalité et Réconciliation, j’y vois une belle diversité d’origines et de générations, une forte volonté de résister par la connaissance, il y a des sensibilités diverses et variées mais patriotes, des chrétiens, des musulmans… totalement transcourant. Nous voulons arriver pourtant à trouver un consensus autour de la paix pour nos enfants. Retrouver la fierté d’être français. Les portugais sont comme les algériens : nationalistes, patriotes, ils aiment leur drapeau. On aime un pays pour son territoire, sa langue, son histoire, sa culture, un patrimoine. Je souhaite aux français de retrouver cette fierté volée. Un des problèmes que connait la France, par rapport à ces pays, est son histoire coloniale que l’on doit à la gauche et son élite. A cette époque, probablement que les 80% de français qui étaient pour la plupart des paysans n’y étaient pour rien là-dedans. On a tendance à tout mettre côté droite alors que le grand monsieur de la colonisation et de la théorie raciale sur le devoir d’éducation des peuplades inférieures est Jules Ferry, un mec de gauche. Ce n’était pas Le Pen et son grand père. On est persuadé que la gauche n’est pas raciste mais c’est faux. Ou l’on cherche à préciser historiquement sur ce qu’il s’est passé et sur qui a fait quoi pour rééquilibrer et nuancer et même ré-humaniser les parties antagonistes, ou l’on gobe la propagande, le ridicule avec des généralités sur les blancs, les colons, les noirs, les arabes… Il est plus prudent pour le système de ne pas nous permettre d’étudier ces choses. Le rap ne doit pas juste être une façon de passer ses frustrations ou son aigreur et cracher sur des gens qui portent aussi leur souffrance d’être humain et qui n’ont rien fait dans ces sordides histoires entre élites.

    C’est dur d’entendre Beigbeder dire que le vrai Joey Starr, c’est peut être celui du film alors qu’il se fait enculer dedans. Il n’y a pas si longtemps, Joey Starr aurait mis une tarte dans la gueule à Beigbeder. Mais maintenant, il est dans un jeu où il accepte ça et c’est triste.

    DWT : Tu te rapproches d’Alain Soral alors qu’il applique des méthodes que tu critiquent à savoir traiter en substance un sujet, ce qu’il fait avec le rap en ne se référant qu’à quelques morceaux médiocres qui passent sur une radio médiocre. N’est-ce pas une contradiction ?
    Vasquez : Quand j’entends Alain Soral parler sur le rap, ça ne me choque pas parce que j’ai entendu les mêmes choses à la maison. Mais la portée de sa parole est un peu plus dérangeante car c’est un mec public. Cette musique ne lui convient pas trop je pense. Il aime plutôt les chants, les mélodies et quand ça ne dit pas des gros mots. Ce n‘est pas sa culture et il n’y connaît rien, il le reconnaît. Après, ce qu’il critique, ce n’est pas spécialement le rap et les rappeurs mais l’instrumentalisation de cette musique en tant qu’outil de domination. A ce niveau là, sa réflexion est assez pertinente car cela a fait de nous des gros consommateurs. Il n’est pas en train de juger le phénomène artistique. Quand on parle d’un mec comme Joey Starr par exemple, moi je le vois plus pour ce qu’il a représenté pour ma génération, avec son côté rebelle. Aujourd’hui, il fait des films avec Beigbeder. C’est un gars de la rue qui s’est fait bouffer par la jet set. C’est dur d’entendre Beigbeder dire que le vrai Joey Starr, c’est peut être celui du film alors qu’il se fait enculer dedans. Il n’y a pas si longtemps, Joey Starr aurait mis une tarte dans la gueule à Beigbeder. Mais maintenant, il est dans un jeu où il accepte ça et c’est triste. Cela aurait également pu m’arriver après Taxi 2. Il y avait des gens qui me venaient me dire que j’étais le nouveau Akhenaton et qu’ils avaient besoin d’un petit blanc. Ils n’ont pas réussi à faire ce qu’ils voulaient de moi. Je viens d’un quartier majoritairement bourgeois où je vois des gamins auxquels papa maman ont payé le permis à 18 ans pour mettre du rap dans leurs bagnoles en se prenant pour des cailleras, fumer des bédos, alors que leur chemin est de devenir médecin ou avocat. Ce n’est pas entièrement à cause du rap mais il y est pour quelque chose. Dans les années 1980, Hollywood nous a appris a détester les russes et le communisme, dans les années 1990, il nous appris à nous méfier des musulmans. J’ai entendu Tupac déclarer : « jamais je ne jouerai le rôle d’un délinquant musulman dans un film, un délinquant musulman ça n’existe pas ». Il avait raison car une personne de confession musulmane et délinquante à la fois est un non sens. Exemple : qu’a donc fait Lunatic dans son premier album si ce n’est un mélange d’Islam et d’attitude libéralo-libertaire/caillera ? La gauche, la droite et leurs médias nous vendent le même fantasme de caillera et musulman de banlieue avec l’affaire Mohammed Merah. Le rap aussi joue ce jeu là. Est-ce que les rappeurs qui ont joué sur ce terrain ont fait du bien à la communauté musulmane ? Est ce un truc à reprocher au Front National ? On s’est fait bluffer. On a détesté Benny B qui était indépendant et à côté de ça on préférait « Le Monde De Demain » habillé en Jean-Paul Gautier. On a cru que c’était ça la révolution (rires).

    Les gens de Skyrock m’ont plutôt mis les nerfs quand ils osés dire que la liberté d’expression de toute une génération était en danger au moment où ils ont eu leurs problèmes de capitalistes.

    DWT : Tu dois donc en toute logique associer Skyrock à l’instrumentalisation de cette musique. Ce qui expliquerait aussi les raisons pour lesquelles ils ne te rentrent pas en playlist…
    Vasquez : Je ne ferai pas de distinguo entre Skyrock et Génération. J’ai déjà rappé à Skyrock. J’y ai même de bons souvenirs dont un que je n’ai jamais entendu avec Parrish Smith. Je suis au regret de dire que c’est grâce à Skyrock mais ça reste de la merde. Au début, on se disait qu’on est trop balaise, que le public va comprendre la différence. J’étais dans cet esprit mais finalement, cela ne change rien du tout, la machine est forte et tu te fais bouffé. Tout n’est qu’une question de régie publicitaire et Génération pratique les mêmes méthodes. La qualité artistique n’est pas une priorité. Je n’ai de toute façon pas pensé à leur envoyer des exemplaires de mon album et je n’attends plus rien d’eux. Ils m’ont plutôt mis les nerfs quand ils osés dire que la liberté d’expression de toute une génération était en danger au moment où ils ont eu leurs problèmes de capitalistes. D’ailleurs ça n’est pas un hasard si nous retrouvons ici, près de la 17ème Chambre, où je suis venu soutenir le Docteur Salim Laïbi poursuivi par le boss de Sky, Bellanger. Le garant de la liberté d’expression des jeunes attaque en diffamation !

    DWT : Tu ne sembles plus trop proche non plus de tes anciennes fréquentations dans le rap français…
    Vasquez : C’est vrai que j’ai cultivé peu de liens pour en créer aussi d’autres, heureusement. Je me suis très bien entendu avec Ékoué mais on a eu une petite fâcherie. On ne s’est pas revu depuis. Les années passent et je m’en fous, je ne cultive pas les rancœurs. Je lui reprochais de n’avoir une posture radicale qu’au sein de son groupe « La Rumeur » alors que finalement il était pote avec tout le monde dans les mondanités du tout Paris. Quand je me suis fâché avec Maurice (Mongo, directeur du label Dooeen’ Damage), j’attendais bêtement de lui un positionnement. J’étais très en colère. Je n’ai pas géré les choses calmement. Or Ekoué m’avait présenté Maurice… Il s’est retrouvé un peu con quand je lui ai dis que Maurice m’avait mis une belle banane. J’ai fait parti de ceux qui ont donné du crédit à son label avec Casey et Less du Neuf. Regarde comment il m’a remercié par rapport à tout le travail qui a été fait sur Jean Gab’1… Ça parlait super mal notamment à son cousin J.P. (Jeap 12). Je l’avais déjà prévenu d’arrêter de mal parler aux gens qui lui était fidèle. Il a eu une façon très particulière de remercier nos efforts et notre confiance, c’est ce qui explique que cela se soit « mal » terminé.

    Sheryo et Kimto Vasquez – Photo © Aurore Vinot

    DWT : Revenons un peu sur des échanges qu’il y a eu sur downwiththis.fr entre Sheryo et toi, cela a eu le mérite de vous expliquer sur des malentendus…
    Vasquez : Ça m’a fait vachement plaisir. Sur le coup, je me suis dis merde ce n’est pas exact ce qu’il dit à propos de Jean Gab’1. Je reconnais que j’ai co-réalisé son album, que j’étais là tous les jours, qu’on a rigolé avec lui. On l’a aidé à mettre en forme toutes les conneries qu’il a dit, il n’y a pas de problèmes, je ne vais pas me dédouaner de tout. Mais de là à me faire endosser les propos de Gab1, c’était injuste. C’est pour ça que j’ai apporté un élément de réponse sur votre média. J’ai revu Farid après à la photo pour le 30ème anniversaire du hip hop en France que vous avez organisé (Paris, Le Bataclan, 18 Novembre 2012) et c’était cool. Aujourd’hui, je ne garde que des bons souvenirs. Je n’étais pas hyper fou artistiquement de ce qu’il faisait mais j’ai apprécié faire des radios et des concerts avec lui. C’est un improvisateur hors pair. Si tu ne reconnais pas son talent, c’est que tu es de mauvaise foi. Le mec est légitime et j’espère qu’il arrivera à cultiver sa passion et qu’elle ne le détruira jamais. Malheureusement, le rap t’enferme souvent dans un mode de vie destructeur.

    DWT : Destructeur… Tu nous tends ainsi une perche pour te demander si « Le rap est réellement une effroyable imposture » (titre du premier essai de Mathias Cardet) à tes yeux ?
    Vasquez : D’une manière global, je pense que oui. C’est un outil de domination du capitalisme sur le prolétariat des quartiers populaires. Le temps que les gamins passent à écouter du rap, ils ne le passent pas à faire du sport, écouter des conférences ou lire des livres. Tout est une question d’équilibre. Il y a beaucoup de gens dépressifs dans ces quartiers. Quand tu te retrouves seul dans la vie, tout perd son sens. On t’apprend à culpabiliser, à chercher ton malheur dans ton enfance. Est-ce que l’on ne t’a pas tripoté le cul ? Est ce que tu n’es pas amoureux de ta mère ? Alors que souvent, c’est le manque de compréhension, ta condition sociale ou ton environnement qui font que tu déprimes. Il suffit que tu changes de vie ou de vision pour aller mieux.

    DWT : Le hip hop est justement arrivé avec un message clair à ses débuts. Il était question de trouver une place dans la société à l’heure où l’exclusion la plus totale était monnaie courante dans les ghettos où est né cette culture…
    Vasquez : Il y a des choses que j’ai sûrement mal interprétées. Je ne suis pas allé aussi loin dans l’idéologie. Je me suis réapproprié le rap pour en faire quelque chose qui m’était propre. Je voulais faire mon rap honnête et rassurer mes parents qui ont tout fait pour que je sois étudiant et avoir une meilleure place qu’eux dans la société. Aujourd’hui, de quelle société parle-t-on ? Je suis prêt des 40 piges, nous sommes à une autre époque, celles de révélations ou internet joue un rôle important. Profitons avant qu’ils nous coupent le robinet. J’ai constaté depuis longtemps que mon art est inadapté aux exigences industrielles. Il est aussi hors de question que je confie l’intégralité de l’éducation de mes enfants à l’école, à la musique mainstream, à Hollywood, les valeurs sont totalement inversées. A un moment donné, il va falloir que je nuance.

    Propos recueillis le 28 mars 2013 par Flo.
    Photos par © Down With This et © Aurore Vinot + Archives personnelles de Kimto Vasquez.

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Discussion 16 commentaires

  1. 9 mars 2015 à 2 h 55 min

    Révisionnisme comme déclarer qu’en l’absence de preuve historique cohérente kimto vasquez n’a jamais existé !

  2. 9 mars 2014 à 5 h 10 min

    Un homme respectable , par contre les c
    Message précédent … tu m’étonne que la France est un pays qui crève

    Merci pour cette découverte

    • 15 mars 2014 à 14 h 03 min

       » par contre les c
      Message précédent … »
      bon, c’est bien, on a tous à un avis, mais par contre, si t’as juste un argument pour faire le lien entre les messages précédents et l’état du pays (c’est bien ça que tu dis?), ce serait encore mieux, ça c’est clair!

  3. 14 septembre 2013 à 15 h 20 min

    C’est toujours un peu triste de voir ce genre d’évolution intellectuelle et surtout d’inconséquence dans les raisonnements qu’on développe. Loin de moi l’idée de vouloir être dans l’anathème, étant en faveur de la discussion. JUSTE UN POINT: d’un côté, Kimto Vasquez se plaint d’une démocratie galvaudée, vidée de son sens, bref d’une supercherie. Ok, je ne suis pas de ceux qui pensent que nous vivons dans une réelle démocratie,loin de là, et la démocratie n’est d’ailleurs jamais qu’un idéal. La solution, choisir des sages, donc, au dessus de tout soupçon, mais en même temps, on tire au sort et on reste dans le participatif. Pas simple hein, la vie!! Donc un truc participatif mais pas trop non plus, n’est-ce pas, parce que,je cite: « Comment peux-tu mettre à égalité le vote d’un mec qui croit les médias de masse privés ou publics et un mec qui maitrise la géopolitique ou d’autres sujets essentiels ? »
    Oui, un système de pondération des votes selon le degré de connaissance des gens? Heu, qui va donner les notes? C’est une proposition pour réserver le vote a ceux qui ont les vérités révélées? Donc les policiers élisent le ministère de l’intérieur, les médecins le ministre de la santé??? C’est quoi le critère?
    Ah oui, mais c’est simple en fait, Kimto Vasquez a trouvé la solution: « Mais il faudrait qu’on nous dise la vérité pour pouvoir bien choisir, le bon sens populaire ne vaut que si les gens connaissent la vérité »
    Ah tiens, c’est pas con ça, pourquoi on n’y a pas pensé avant???
    Excusez mon ironie, mais bon, un peu d’humilité et de logique argumentative, ça peut être bien parfois, surtout quand on prétend ouvrir les yeux de son auditoire… Et puis le rap de Lunatic, c’est sûrement une méchante création des sionistes, faite pour diviser entre fils d’immigrés et les autres, au service de la grande méchante communauté…
    Je crois qu’il suffit pas toujours de lire quelques bouquins pour trouver ce fameux bon sens populaire…

  4. 30 juillet 2013 à 15 h 31 min

    j’aimais bien less du 9, et je pense que le gars est assez doué. J’aurais préférer pas lire ça.c’est flippant le nombre de gens qui basculent dans l’extreme droite non assumée.

  5. 22 mai 2013 à 19 h 56 min

    @ Réso
    « sûrement la même personne » : non.
    « négationniste » : novlangue.
    Bon après, bcp d’amalgame et d’arguments fallacieux. Mon précédent commentaire en réponse au tien n’étant pas passé, j’en dis pas plus. La flemme.

  6. 21 mai 2013 à 20 h 47 min

    Réso : Je ne suis pas Vasquez. Encore une déduction venue de je ne sais où :) Oui, le mal n’est pas un absolu. Le bien présuppose le mal et vice versa. Subtil parce qu’il se mêle au bien pour mieux faire passer la pilule. L’amalgame est une de ses armes. Tu peux juger les gens si tu veux, moi je juge les idées… Nuance. Je ne pense pas que Kimto soit sympathisant FN. Peut être que je me trompe, peut-être que cette idée te vient de quelque chose de tangible ou bien c’est comme quand tu dis « sûrement la même personne » ? Je ne dis pas que je ne suis pas anonyme sur le net, j’explique seulement que Kimto, lui, on peut le reconnaître et qu’il s’expose contrairement à nous. Je pense que c’est courageux. Tes arguments, comme ceux de mes adversaires précédents sont fallacieux ou erronés.

  7. 20 mai 2013 à 1 h 13 min

    Plutôt d’accord avec Moktar et Valflo… C’est le dénommé Vasquez et Lys75 (surement la même personne soit-dit en passant) que je trouve partisan et « amalgameur » au possible. Je me fous de savoir lequel de Soral, Lepen au Faurisson est le plus négationniste ou d’extrême droite. Je n’ai personnellement envie de saisir des « subtilités » idéologiques, ni chez l’un ni chez l’autre. Quant on se revendique de personnalité aussi controversé on s’expose à la foudre. Le mal est subtil et relatif ???!!! Tous criminels méritent un avocat et patati et patata… Dans ce cas, les gauchos qu’ils brocardent méritent autant d’égard, idem pour Israel, Bush, Mougabé, Staline, Hitler et Casimir…
    Kimto a une posture de simple sympathisant FN et peut être pas de militant… là est la réelle nuance. Personne ne lui jette la première pierre, je crains qu’il s’auto-lapide tout seul. Et puis le sempiternel procès sur l’anonymat d’internet suinte la mauvaise fois, à moins que Lys75 ne nous délivre sa véritable identité… Bref.

    lKoma et Sheryo et même Benny B m’ont largement plus convaincu tant par leurs sincérité que leurs amour de cette musique.

    Longue vie à Down With This

  8. 14 mai 2013 à 3 h 03 min

    @ Mocktar, Valflot : Merci pour les anathèmes partisans et les messages sans profondeur. Il reconnait lui-même s’être parfois trompé et, vous, vous venez faire les barbeaux cachés dans l’anonymat d’Internet. En ce qui concerne Faurisson, Soral, et JMLP : amalgames. Chacun d’eux est différent, avec un parcours différent, et des propos différents. Le fait d’être d’accord avec Faurisson ne veut pas dire qu’on est lepeniste. Le fait d’apprécier Le Pen ne veut pas dire qu’on est révisionniste. Etre reconnaissant envers Soral et l’apprécier pour son engagement ne veut pas dire qu’on est d' »extrême droite » ou « négationniste ». Ecouter du Kimto Vasquez ne veut pas dire être un mélange grossier de tout cela. C’est plus subtil. Pareil en ce qui concerne l’attaque contre la critique par Soral de Joey Starr, etc. Caricature. Soral s’explique bien mais encore faudrait-il le comprendre avant de balancer que Soral a fait pire que Joey Starr et montrer qu’on a pas compris ce que Soral dénonçait… Demain, je rappe avec Booba et Joey Starr ça fait pas de moi un matérialiste ou un mytho. Tout dépendra du propos. Ca me fait penser aux gens qui soutiennent Dieudonné et avec qui je ne suis pas forcément d’accord sur d’autres sujets. Je ne vais pas rejeter leur soutien sous prétexte qu’on a pas la même opinion sur tout… On peut ne pas aimer une personne a priori et se rendre compte qu’il y a parfois du bon dans ce qu’il dit ou fait par exemple. Et surtout, le mal est subtil et relatif, il se mélange forcément au bien. Comme on dit, « faut pas jeter bébé avec l’eau du bain ». Alors, sans forcément vous demander d’adhérer à tout ce que Kimto Vasquez dit, ne lui jetez pas la première pierre non plus…

  9. 30 avril 2013 à 1 h 43 min

    Tout d’abord big up Down with is…. à quand les reéditions de la version papier ??? Concernant l’itw de ce mec je trouve ses propos consternants !!! Le gars nous parlent de ses parents travailleurs, de son rôle de père de famille pour mieux nous vendre Faurrisson, Soral et voir Lepen. Et puis, je rappelle à ce Mr que si NTM était habillé par Jean Paul Gaultier, Alain Soral défilait POUR Jean PAUL Gaultier en petite culotte… Renseigne toi un peu !!!! comme pour le reste d’ailleurs. Et concernant le rappeur Said de MAP et sa pétition en ligne, il est mise en examen je te rappelle, contrairement à ce Kimto qui crache sur les sionistes mais crie à la censure que les médias refuse de diffuser ses thèses ambigues. Il n’y a pas si longtemps il vantait les merites du rappeur… Abd al malik le bobo gauchiste bien pensant par excellence. Bref, completement d’accord avec les commentaires au dessus notamment celui de valflot. J’ignorai cependant que le type avec travailler avec le fils de Sarkozy… C’est assez honteux comme parcours.

    Merci quand même à Down with is, car le rap c’est malheureusement ça aussi.

  10. 29 avril 2013 à 17 h 30 min

    Big Up Kimto
    Open your eyes people

  11. 29 avril 2013 à 2 h 18 min

    Un extra terrestre ce Kimto ! C’est rassurant de voir que les rappeurs ne sont pas tous des boeufs… Merci DWT !

  12. 28 avril 2013 à 16 h 34 min

    c’est beau… on dirait du radio courtoisie!
    Mais il a raison Kimto Soral… euh Vasquez il a bien appris sa leçon tout ça c’est à cause de Mister Freeze!

  13. 28 avril 2013 à 16 h 08 min

    Interview pas inintéressante mais il suinte un peu l’aigreur le garçon. Il crache mot pour mot le verbiage de Soral pour se positionner dans son segment de marché. Mais je pense qu’il aura fort à faire avec ses vieux fantômes du passé. Outre son album one shot calibré pour et sur Skyrock, l’individu était avec son ex-compère, un grand pote du FILS DE SARKOZY qui d’après un ami ingénieur du son, passait régulièrement bosser avec lui en studio. Lui qui se place des lors en pourfendeur du sionisme et de son influence. Et dire que Lunatic « c’est du rap islamo-racaille « ???! Et contrairement à lui, ils n’ont jamais prétendu être autre chose. Mauvais oeil est un classique qui vaut à lui seul toute la discographie de kimto.
    En conclusion, il a bouffé un peu à tous les rateliers ce Kimto pour se poser ainsi en redresseur de tord: Beat de boul,Akh, Skyrock, Mosey Pierre Sarkozy puis la rumeur, casey et enfin alain soral.

    Rdv dans 2 ans pour une itw Kimto chantre du rap de défense des animaux dans le milieu du porno.

    • 5 janvier 2015 à 22 h 27 min

      Ton ami ingé son t’a mal renseigné, kimto a rencontré qu’une fois le fils sarko en studio chez desh…c’etait plus une connaissance de l’autre mc jp12. C’etait lors de l’enregistrement du 3eme album…quand kimto a quitté le projet car plus en adéquation artistique avec jp12. Donc facile les raccourcis quand on ne connaît pas le fond de l’histoire.
      Et ce que tu appelles « bouffé à tous les râteliers » ça s’appelle une CARRIERE dans la musique !!!

      2 ans plutard..kimto t’emmerde !!!

  14. 27 avril 2013 à 16 h 35 min

    Hé bien, encore une belle entrevue. Je ne connaissais pas le gars, ni la polémique et je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit. Mais il le dit de manière sensée.
    Lachez pas l’affaire DWT, ça nous aère un peu les neurones votre manière de prendre le temps d’écouter et de donner le temps aux gens de dire ce qu’ils pensent.
    Big up

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