• Lamine Dieng, 25 ans, mort dans un fourgon de police

    Qu’est-il arrivé à Lamine Dieng pour qu’il meurt étouffé dans un fourgon de police dans la nuit du 17 juin 2007 ?

    Photo © D.R.

    Que l’on remonte à l’affaire de Malik Oussekine (Paris, 1986) dont la mobilisation avait conduit à la dissolution immédiate des pelotons de voltigeurs mobiles responsables de sa mort, à celle d’Aïssa Ihich (Mantes-la Jolie, 1991) décédé au commissariat de Mantes-la-Jolie, entrainant une réforme de la garde à vue (droit à la présence d’un avocat dès la première heure), ou encore l’affaire Mohamed Saoud (Toulon, 1998), mort lors d’une interpellation policière qui avait valu à la France une condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (arrêt du 9 octobre 2007 : “violation du droit à la vie”), nous constatons que seule la mobilisation paie pour que ce genre d’affaires ne soit pas enterré.
    Lors de contrôles d’identité, ou d’interpellations, la Police applique une méthode d’immobilisation qui, dans sa pratique, peut provoquer la mort. Cette méthode consiste à étrangler la personne interpellée face contre sol et lui comprimer la cage thoracique en appuyant fortement dans son dos à l’aide du genou. Appelée aussi “clé d’étranglement”, elle entraîne l’immobilité, la suffocation et de graves lésions qui peuvent provoquer alors des conséquences irréversibles quand ce n’est pas la mort. C’est précisément cette technique d’interpellation qui a conduit à la mort de Hakim Ajimi (Grasse, 2008) selon des récits identiques rapportés par des dizaines de témoins. Méthode interdite en Suisse, Belgique, Allemagne, également à New-York et Los Angeles, elle a valu à la France une condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) dans un arrêt du 9 octobre 2007 à la suite d’un décès en 1998. La CEDH avait déploré à l’époque « qu’aucune directive précise n’ait été prise par les autorités françaises à l’égard de ce type de technique d’immobilisation ». Par ailleurs, le Comité européen pour la Prévention de la Torture (CPT) a demandé à la France d’éviter son utilisation dès 2002.
    Qu’est-il arrivé à Lamine Dieng pour qu’il meurt étouffé dans un fourgon de police dans la nuit du 17 juin 2007 ? Avait-il connu le même sort que celui de Hakim Ajimi d’être mortellement immobilisé par une clé d’étranglement ? Ses mains étaient pourtant menottées et ses pieds attachés… Comment les dizaines d’hématomes sur le visage et le corps de Lamine avaient-ils été provoqué ? Huit policiers pouvaient-ils être dépassé par un seul homme ?
    Cinq ans après, des zones d’ombre subsistent et la famille attend toujours la fin de l’instruction. Un rassemblement à la mémoire de Lamine Dieng et en soutien à la famille de la victime est organisé le samedi 16 juin 2012 à Paris (métro Père Lachaise) avec pour mots d’ordre des slogans clairs : « STOP À L’IMPUNITÉ ACCORDÉE AUX POLICIERS CRIMINELS ! NON AU PERMIS DE TUER ! »

    5ème commémoration annuelle « Vérité & justice pour Lamine Dieng »
    Samedi 16 juin 2012 – A partir de 14 heures
    58, rue des Amandiers – 75020 Paris (métro Père-Lachaise)
    Pour plus de renseignements : coucxx.skyrock.com

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