• Les zulus sont dans la ville (1988)

    Article paru dans le magazine « Elle » en 1988

    Ils se battent pour la paix. La danse et le graffiti sont leurs armes. La rue est leur royaume. Vous avez sûrement remarqué ces drôles de types au look inimitable (…) avec un petit chapeau en mousse qu’ils baptisent affectueusement leur « kangol »…

    JonOne et Gabin Nuissier (à droite) Photo © D.R.

    Ouvrez bien les yeux. Les zulus sont parmi nous. Regardez les murs et les façades crayonnés de messages mystérieux : lettres furtives bombées à la peinture aérosol, aux endroits les plus inaccessibles. En langage zulu, on nomme ces signatures profanatrices des « tags ». Regardez aussi ces façades couvertes de fresques colossales et multicolores peintes allègrement à la laque glycérophtalique. Sachez que ces œuvres sont des « brûlures » selon la terminologie des zulus graffiti artiste. Ces nouveaux créateurs forment des groupuscules aux noms de guerre. Ils s’appellent BBC (Bad Boys Crew), CTK (Crime Time King), TKS (The Kriminal Stars) ou TRP (The Renegade Painters). Vous avez sûrement aussi remarqué de drôles de types au look inimitable. Leurs baskets sont attachées par de gros lacets ou « fat laces ». Ils arborent un sweat-shirt artistiquement enluminé à la peinture. Et, vissés sur le côté du crâne, une casquette de smurf ou un petit chapeau en mousse qu’ils baptisent affectueusement leur « kangol ».
    Attention, il existe plusieurs sortes de zulus, tous unis sous la bannière fédératrice de la Nation Zulu. Ceux qui dessinent sont les « graffiti artists » cités plus haut. Ceux qui dansent en se contorsionnant par rotation sur la tête et sur les mains sont les « breakers ». Et leurs émules plus modérés dans leurs prouesses chorégraphiques sont les « smurfers ». Les « rappers », en revanche sont passés maîtres dans les détournements de voix par superposition de textes sur les disques funk, gogo, hip hop, leurs musiques syncopées de rythmes synthétiques. Enfin, les « dee-jays », ou disc-jockeys, sont les rois du mixage et du scratch, une discipline qui consiste à modifier le son et les paroles d’un tube en imprimant avec la main un nouveau tempo sur le disque. Ne confondez pas les zulus  avec leurs potes, les « home boys ». Pour différencier les bons zulus des mauvais, il existe un test implacable. Murmurez « peace akhi » (frère en africain), leur mot de passe, à l’oreille de votre interlocuteur…

    Retrouvez l’interview exclusive de Gabin Nuissier (Aktuel Force), traitant plus sérieusement du hip hop, en cliquant ici

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Discussion 4 commentaires

  1. 29 août 2013 à 18 h 06 min

    Une epoque ou la nuit dans les hangards etait magique..ce silence nocturne ou seul les bruits des bombes penetrait sonne encore 25ans plus tard a mes oreilles..pax a tous kamikaze des tcg.

  2. 8 février 2013 à 20 h 07 min

    plutot sa sonner la fin du b boying ils s’essouffler en 88 89 ils reprenner son second souffle au debut des annees 92.93 pour exploser jusqu a nos jours avec le net il reprend c est lettre de noblesse les plus hjeune si interresse les medias longtemp on delaisser aujourd huit elle devient une culture qui represente la voisx des s en voix dire par les mot les maux de la socite graff rap dance dj bbox les mille et une facette de cette belle culture du beton naisse des roses l espoir de ces gosse qui vivent dans un environement pas toujours rose

  3. 4 octobre 2012 à 16 h 09 min

    Yo,
    C’était dans les années 80’s, le début du mouvement Hip-Hop qui a perdu 2 sa valeur. Je me rappelle encore 2 ses soirées 2 bonheur où le « Tag », le « Graff », le « Break », le « Smurf » et les défis ont réchauffé nos cœurs en f’saisant des amis. Les endroits si cools où l’on s’éclataient : l’Trocadéro, La Chappelle ou les Champ-Elysées. Le petit « Schtroumpf » en survêt’ment a quitté les milieux, avec beaucoup 2 regrets on a fermé les yeux. Big Up à tous ceux qui ont vécu cette bonne époque, quand j
    ‘y pense cela me réconforte !

  4. 8 juin 2012 à 10 h 28 min

    Gabin Nuissier et sa name-plate !

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