• Sear Get Busy, signataire radical

    On parlera de musique mais ça ne représentera que 10 % du contenu. Les gens restent focalisé sur l’époque du fanzine parce que c’est mythique et que c’est leur jeunesse. Mais on a fait des trucs vachement plus intéressants après et c’est de cette manière qu’on veut revenir.

    Photo © Aurore Vinot

    Personne ne voulait y croire malgré nos différentes annonces. Il est vrai que le 1er avril comme date de lancement, ça pouvait prêter à confusion ! Mais c’est maintenant plus clair : bienvenue sur l’entité Get Busy, le meilleur magazine du monde… et de ses alentours ! Branchez-vous sans plus attendre avec celui qui va par le nom de Sear, co-fondateur de Get Busy, premier journal entièrement dédié au hip hop créé en juin 1990. Pour le retour en ligne de Get Busy, l’ancien dionysien figé en Fila revient sur ses motivations et nous livre une analyse tranchée de cette culture mais aussi un regard percutant sur ceux qui en ont forgé les premières heures. Les dizaines et les dizaines de lignes qui suivent planteront le décor de la ligne éditoriale qui vous attend : ça disperse, ça ventile… même si l’ordonnance aurait pu être bien plus sévère !

    Get Busy : Comment as-tu découvert la culture hip hop à ses débuts en France ? Cela n’a pas du être facile à attraper du fin fond de Saint-Denis…
    Sear : J’étais un spectateur vraiment passionné. J’avais toutes les infos car j’écoutais énormément de radio mais je ne connaissais personne. Sur RDH, il y avait Dee Nasty qui s’appelait à cette époque Speedy Dan 1 avec le frère de Salim Beat Box et Ben, qui était le premier à rapper façon Grand Master Flash. J’écoutais aussi Radio 7, un mec qui s’appelait RLP, Robert Levy Provençale. Il mixait de la soul. Un jour, il a invité Dee Nasty qui avait ramené des nouveaux sons d’enculés, c’était l’époque Duke Booty avec les tous premiers Fat Boys, les premier Ice T qui sonnaient hyper east coast, super vénére. Dee Nasty a eu tellement de succès qu’il a commencé à l’inviter une fois par mois. Tout ça, ça s’est passé dans un mouchoir de poche temporel. Deenasty faisait aussi un fanzine avec mec de Saint-Denis, « Street kids News » et pour en avoir eu un dans les mains, je peux dire que c’était vraiment mortel à l’époque. J’ai entendu parler du terrain en 1986 mais j’ai du y mettre les pieds 4 fois maximum. J’ai même une photo de moi là-bas (ndlr : voir ci-dessous) avec mes Tobacco, un Tacchini et une touf de frisés (rires). J’étais habillé en reurti, je n’avais pas de Puma en daim ou des trucs comme ça. C’était pour ceux qui pouvaient aller à New York ou qui avaient des potes qui ramenaient des trucs de là-bas. J’étais passé en métro, on voyait les graffs mais je ne savais pas par où  rentrer. En fait, c’était derrière. J’avais eu l’info par Joyce, un mec de Saint-Denis qui était à fond dedans. Il trainait avec Majesty, un TCG, une figure du terrain. C’était comme ça qu’on fonctionnait à l’époque pour obtenir des infos, sans les portables ou facebook. J’ai atterri là-bas le jour où Solo s’était embrouillé avec Joël de Timide et Sans Complexe. Solo se faisait chambrer par Joël parce qu’il avait une minerve. C’est là que j’ai vu qui était qui parce qu’avant, je ne connaissais personne. Après, j’ai surtout bougé avec Reso et Crazy JM puis par extension les IZB et un peu les 93MC. Il faut démystifier le truc comme quoi tout le monde allait au terrain. Il y avait des mecs en banlieue qui étaient de vrais passionnés, avec une vraie culture musicale mais qui n’ont jamais mis les pieds dans ces trucs-là.

    Il faut démystifier le truc comme quoi tout le monde allait au terrain. Il y avait des mecs en banlieue qui étaient de vrais passionnés, avec une vraie culture musicale mais qui n’ont jamais mis les pieds dans ces trucs-là.

    Queen Candy le dit elle même. Elle était de La Courneuve et elle en avait rien à foutre ! Le Globo, c’est pareil, j’ai du y aller que 3 ou 4 fois mais je suis toujours bien tombé comme la fois avec Public Enemy ou une autre fois avec Afrika Bambaataa. Il y avait déjà à l’époque une sorte de petite bourgeoisie de parisiens ou de gens connectés avec ces parisiens qui voulaient se constituer en élite. L’émission d’Alain Maneval qui était passé sur TF1 a été déterminante également. J’avais rien compris, les trucs de Bambaataa, c’était chelou pour moi parce que les seuls trucs qu’on connaissait à l’époque dans le délire, c’était Kurtis Blow. Par contre, les Rock Steady Crew et le la phase de Mr Freeze m’avaient interpellé. On ne parlait que de ça le lendemain. Autre truc marquant, c’était les événements « Fêtes et Fort » à Aubervilliers. Il y en a eu une aussi aux Francs-Moisins et une autre au Fort de l’Est. Solo était venu avec les nouveaux PCB avec Nicolas dedans. C’est là que j’ai vu que ce truc de hip hop continuait après la fin de l’émission H.I.P. H.O.P. de Sydney.

    Sear, terrain vague de La Chapelle / Stalingrad, vers 1986 – Archive personnelle © Sear

    GB : Vu l’effervescence dans ta ville à la fin des années 1980, Saint-Denis a t-il été le berceau du hip hop en France selon toi ?
    Sear : Saint-Denis est bien évidement une ville historique du hip hop en France mais bizarrement, il n’y a pas eu tant de rappeurs que ça. Si tu regardes Vitry, il y en a eu beaucoup plus que chez nous en vérité. Mais à Saint-Denis, il y avait une espèce de dream team avec NTM, les Aktuel et après Get Busy. C’est un concours de circonstances comme les rencontres sur le hip hop organisées à l’Université Paris VIII par George Lapassade, Desdemone Bardin, Jackie Lafortune… Bon Jackie disait que Mode2 c’était de la merde et que André ça tuait mais ce n’est pas grave (rires). Mais c’était à Saint-Denis que ça se passait et que c’était médiatisé. J’en parlais une fois avec Dj Mehdi (RIP) qui était persuadé que les NTM, les Assassin et nous, traînions tout le temps ensemble et que tout se passait à Saint-Denis. Mais concrètement, cela ne s’est jamais passé comme ça. Je n’ai pas grandi avec Shen, ni avec NTM. Ils ne nous calculaient pas et on ne leur courrait pas après non plus. Après, il y a eu les 93MC qui étaient dans un autre délire. On peut dire que Reso a joué un rôle de transmission. Il venait de Sarcelles à la base. Il traînait avec Dark le graffeur et était déjà dans la culture du tag. Reso s’est ensuite retrouvé à l’école avec Kea et Swen (93MC) et leur a montré tout ça. Pour ma part, j’ai eu une vie, une avant, quand j’ai connu le hip hop et une après, avec Get Busy.

    A Saint-Denis, il y avait une espèce de dream team avec NTM, les Aktuel et après Get Busy. C’est un concours de circonstances.

    GB : Peux-tu nous décrire le contexte environnemental et social dans lequel tu as grandi ?
    Sear : Mes plus belles années ont commencé par une vie normale (rires). C’était chez une nourrice dans le 78. Mes parents m’ont ensuite récupéré, on s’est retrouvés à la Plaine Saint-Denis et c’est devenu une toute autre histoire ! Un logement insalubre, sans salle de bain, avec les toilettes sur le palier. C’était la friche Gaz de France où il y a le Stade de France maintenant. Mes parents ont beaucoup bougé à un moment. En 1970-1972, ils ont même tenu un bar en Normandie. Mais moins de 10 ans après la guerre d’Algérie, l’ambiance n’était pas terrible. Quand j’allais chercher du lait, on me disait non car mon père était un « sale bougnoule ». On ressentait vraiment le racisme. On s’est carrément fait chassé et on a été obligé de partir. Donc la Plaine Saint-Denis puis arrrivé aux Francs Moisins à Saint-Denis, c’était un autre délire, un truc de ouf : un F4 tout neuf alors qu’on était 3 ! Un ascenseur, un vide ordures, une baignoire, des espaces verts, des toboggans, c’était mortel ! Il y avait encore des constructions tout autour du quartier avec des grues. Le bâtiment où j’ai grandi, bâtiment 7, escalier 12, aux Francs-Moisins était majoritairement composé de kabyles. C’était un village, Tout le monde se connaissait. On a par la suite eu des noms de rues pour que les gens puissent mettre des adresses  « non pénalisantes » dans leurs CV. Dans les années 70-80, c’était un autre environnement qu’aujourd’hui. Ça grouillait dans tous les sens avec pleins de gosses partout. Il y avait beaucoup de rebeus. A cette époque, il n’y avait pas beaucoup de renois, juste des antillais et quelques africains. Il y avait surtout des portugais, des italiens et des prolos français. Côté ambiance, ça allait encore car il y avait du boulot. C’est parti en vrille quand les ouvriers se sont mis à faire des gosses ou demander le regroupement familial. On s’est vite rendu compte que ces cités n’avaient pas été conçues pour être des lieux de vies.

    C’est parti en vrille quand les ouvriers se sont mis à faire des gosses ou demander le regroupement familial. On s’est vite rendu compte que ces cités n’avaient pas été conçues pour être des lieux de vies.

    De toute façon, c’étaient des constructions destinées uniquement à y faire dormir les gens après le boulot. Ce n’était pas fait non plus pour que les enfants y grandissent, même avec des toboggans (rires). On n’avait que des tours autour de nous. La conception en elle même n’était pas saine. La vue de ma chambre a longtemps été l’usine de Charcuterie et des caravanes de gitans sur le parking. Au loin, je voyais la Tour Eiffel et le Sacré Cœur avec la maison à Rockin’ Squat (rires). Il y avait une autre ambiance à Saint-Denis. Quand on était petit, on prenait le 170 pour aller à Basilique, c’était un trip. On se disait « on va à Saint-Denis ! » alors qu’on y habitait (rires). Les gens venaient de loin pour y faire leurs courses, il y avait des magasins qui vendaient des costards Saint-Laurent ou Pierre Cardin, des traiteurs français, des putains de pâtisseries, etc… On a de bons souvenirs. Ca a bien changé, c’est très « ghetto » maintenant, et tout tire vers le bas.

    GB : Parle-nous de tes origines atypiques de kabylo-yougoslave…
    Sear : Bizarrement, j’ai toujours eu un lien avec l’Algérie car j’ai plutôt côtoyé la famille du côté de mon père que de ma mère, qui était d’ex-Yougoslavie. Mon père était de la région de Tizi Ouzou, vers Beni Aïssi, les villages d’Ighil Bouzerou et Tighzert. J’y suis retourné il y a quelques mois pour lui faire plaisir mais ça faisait 40 ans que je n’y avais pas mis les pieds, avec un sentiment partagé, en m’y sentant à la fois étranger et pourtant bien chez moi aussi. Je ne connais pas la famille du côté de ma mère à part mon grand-père que j’ai connu vers la fin. Je ne suis donc pas très « famille ». Plus jeune, je ne connaissais que les oncles du côté de mon père. Quand tu es jeune, tu t’attaches plus d’un coté qu’un à autre et t’es forgé par ton environ. J’avais donc des préjugés, je n’avais pas de potes français. J’ai rencontré mon premier vrai pote français, Reso, grâce au hip hop. Dans une cité, tu vis souvent en vase clos.

    GB : Au sortir des années noires de l’héroïne qui avaient ravagé la Seine Saint-Denis dans les années 1980, penses-tu que ce truc de hip hop naissant apportait un bol d’air pour la nouvelle génération comme il avait réussi à l’apporter dans le Bronx ?
    Sear : Je ne rentre pas dans les comparaisons comme ça. Le hip hop est né là-bas, il n’est pas né en Seine Saint-Denis. Il y avait des trucs aussi dans le 94. Après, c’est vrai que forcément dans les années 1980, il n’y avait pas grand chose pour nous, mais ce n’était pas valable pour tout le monde. Pour des mecs comme moi, oui ça été salvateur, parce que dans le milieu des années 1980, la vie en cité, c’était déjà pas terrible. Je n’aimais déjà pas l’ambiance qui commençait à s’y installer. Donc le hip hop m’a fait sortit de la cage d’escalier. Mais à l’époque, beaucoup de mecs de cité se foutaient de la gueule de ceux qui étaient dans le hip hop. Ce n’est donc pas non plus toute la banlieue qui s’était jeté dedans à cette époque.

    TWK (fin des années 1980) – Archive personnelle © Sear

    Interview Ice Cube (début des années 1990) – Photo © Alain « MasterFlash » Garnier

    GB : Tu glisses quelques temps après dans une forme d’activisme assez prononcée en lançant un fanzine hip hop devenu mythique, Get Busy. Comment s’est organisé le lancement ?
    Sear : Je ne sais même plus ! (rires)… On était des B-Boyistes. On l’a fait par réactions aux conneries de la presse de l’époque. On avait un crew sur Saint-Denis, les TWK avec Reso et Eros dedans. A ce moment, il y avait deux groupes là-bas : 93 MC qui étaient pleins, et nous, TWK, qui étions un peu plus âgés. Ce sont des concours de circonstance même si ça parait évident. J’ai rencontré un jour Crazy JM (ndlr : membre des IZB, organisateurs des premiers concerts de rappeurs US) dans le métro, sur la ligne 13 où tu pouvais y voir des tags de son crew. Il parlait à tout le monde avec 40 conversations à la fois. Il faisait des grands discours hyper chiants et tractait des messages sur le mouvement (rires). Il était IZB, de Saint-Ouen, à côté de chez nous donc on se croisait souvent. On se donnait rendez-vous à la Gare du Nord, en haut où il y avait les trains gris, et on se retrouvait à une trentaine de tagueurs. Après ça, je me retrouve à faire plein de trucs avec les IZB. Un jour, JM me parle de Texaco qui était vendeur à Virgin et me le ramène. C’est là que l’idée de faire un magazine arrive. Le projet voit le jour avec Texaco, JM, Angelo et moi. JM brassait tellement de monde que la moitié des IZB, je ne les connaissais même pas ! Je ne voulais pas les connaître d’ailleurs. Autant les NTM avaient leur coté élitiste que JM, c’était tout l’inverse, il ne méprisait personne et il engrenait tout le monde. C’est un mec qui a joué un rôle important malgré qu’il soit sous-estimé par rapport à l’influence qu’il a eu. Après, pour Get Busy, tout le monde a commencé a ramener ses potes. C’est ainsi que Reso est entré. Le nom avait été trouvé par Mehdi, un pote à JM. Ce mec ne payait pas de mine avec ses chaussures bateau et son attaché caisse mais c’était en réalité un des plus gros connaisseurs de son sur la place de Paris. On a donc sorti le numéro 0, que je n’ai même plus d’ailleurs (ndlr : nous si !), il n’y avait que 8 pages. On en avait photocopié 150 exemplaires à l’œil grâce à une copine et on était parti les agrafer au Free Time de Châtelet. On les avait tous distribué gratuitement à Bobino pendant une des soirées Zoopsy. Rien n’était vraiment calculé. N’importe qui pouvait être plus ou moins Get Busy et d’ailleurs il y a bien eu n’importe qui (rires).

    GB : Comme dans tout organe de presse, les anciens membres de l’équipe avaient-ils un droit de réponse sur les « mots doux » qui étaient publiés sur eux ?
    Sear : Personne ne nous a jamais rien demandé.

    GB : Es-tu prêt à t’excuser auprès d’eux sur ce que tu as pu écrire à leur sujet ?
    Sear : Pas du tout, aucune excuse ! (rires). Franchement, il n’y en a aucun qu’on a regretté. Ils ne nous ont jamais manqué après qu’on les ait virés. Alain Garnier, le photographe, c’est autre chose, c’est une victime co-latérale (rires). Pour les photos, on a eu Xavier De Nauw après parce qu’on avait pas trop le choix. J’avais du mal avec lui au début mais il nous a bien aidé. Après, on a eu Armen qui est devenu un ami et avec qui j’ai pu faire beaucoup d’interview. Avec du recul, c’est facile à dire mais il y aurait un milliard de trucs qu’on aurait du faire autrement.

    GB : Quels étaient les chiffres de vente de Get Busy ?
    Sear : On tournait à 2 000 exemplaires environ. Avec un fanzine, tu ne peux pas aller beaucoup plus haut. Tu en mets à Ticaret, à Ekirok, tu essaies d’en envoyer en province, à tes abonnés et puis voilà, t’as fait le tour.

    Les limites du fanzinat m’avaient usé. (…) Le problème général, c’est que l’on n’a pas su créer d’alternatives face aux gros médias qui arrivaient. (…) Il faut dire aussi que dans le hip hop, à tous les niveaux, ce sont des égos, des rivalités et des embrouilles puériles.

    GB : Pourquoi l’arrêt de la « version fanzine » du titre en 1995 ?
    Sear : Apres 10 numéros, ce fanzine et les embrouilles internes m’avaient usé. Les limites du fanzinat m’avaient usé aussi. C’était les débuts de la presse rap avec qui on ne pouvait pas lutter. Il y a eu aussi un renouveau du rap français que je n’ai pas capté tout de suite. Le problème général, c’est que l’on n’a pas su créer d’alternatives face aux gros médias qui arrivaient. Nos fanzines auraient pu subsister si les rappeurs avaient était plus solidaires plutôt que de fonctionner à court terme. Après, il faut dire aussi que dans le hip hop, à tous les niveaux, ce sont des égos, des rivalités et des embrouilles puériles. Le truc aussi, c’est que l’amitié entre artistes et journalistes, cela ne donne jamais des trucs bien. Ca part toujours en couille. Tu peux être le meilleur journaliste de la terre quand tu es d’accord avec mais tu seras toujours un enculé ou un traitre le jour où tu ne seras plus d’accord avec, comme ça a été le cas avec vous et Squat ou moi et Kool Shen. Bon, on était tous jeunes aussi.

    Kast, Fame, Kool Shen et Joey Starr (NTM), Reso, Sear (vers 1990) – Archive personnelle © Sear

    GB : Justement, à propos de NTM, tu as pas mal gravité autour de ce groupe. Est-ce pour cela que Kool Shen estime que sans leur intervention auprès d’EPIC / SONY tu n’aurais jamais pu monter le magazine Authentik ?
    Sear : On va rectifier ça tout de suite. C’est le management du groupe qui m’a appelé pour faire Authentik. Bruno (Kool Shen) n’est jamais venu pour me donner un travail. J’ai arrêté Get Busy (version fanzine) en 1995. Authentik est apparu en 1998. Durant ces trois années pas faciles, Kool Shen n’est jamais venu me proposer quoi que ce soit. Il y avait déjà une espèce de froid entre lui et moi du fait que l’on n’avait pas été élogieux sur leur troisième album. L’idée d’Authentik, c’est le manager de NTM qui l’a eu. Il voulait quelqu’un qui avait le profil et la crédibilité. Il n’allait pas demander ça à Cachin. Dans leur délire d’image, il fallait quelqu’un avec un crédit mais cela n’a jamais été du style « tiens on va donner du boulot à notre pote Sear ». Get Busy avait déjà sa réputation. On venait de Saint Denis, il y avait une connexion. De ce côté la, je ne lui dois rien. Ils avaient d’ailleurs d’autres potes plus proches d’eux. Ils sont venus me chercher pour mes compétences et faire ce travail. Et il a été plus que bien fait. Pour être encore plus précis, il ne devait y avoir qu’un numéro mais l’accueil qu’a reçu le mag a été si bon qu’on en fait trois numéros au final. Le magazine était auto-financé par la pub. Un numéro a même dégagé un petit bénéfice et un autre a perdu un peu d’argent, donc au frais de Sony et pour un montant qui n’a rien de grave au regard du coup de pub que ça a fait. Après, Epic a eu un nouveau patron, Thierry Chassagne et il n’a pas voulu continuer Authentik. Le management de NTM voulait eux le continuer et s’allier à un groupe de presse. Moi, j’ai dit que j’arrêterai après le troisième. Je ne voulais pas rester lié à un groupe. Pourtant c’était financièrement bien plus confortable que Get Busy,  comme quoi.

    NTM n’a pas fait d’aide sociale avec moi. Ils l’ont peut être fait avec d’autres potes à eux avec qui ils ont voulu s’encanailler mais pas avec moi.

    GB : Le magazine Authentik faisait donc dans le publi-rédactionnel ?
    Sear : C’était une commande (rires). On a fait trois numéros. C’était le magazine des NTM. Le seul impératif qu’on avait, c’était une interview d’eux, ce que d’ailleurs tous les autres magazines de l’époque faisaient aussi ! Le fait est que NTM intervenait dans le sommaire. C’est tout. Mais j’y ai fait à 90% tout ce que je voulais comme je le voulais et on a fait de bons sujets. Joey s’était vraiment pris au truc et il avait kiffé le faire. J’ai tapé des bons délires et des bons moments avec lui à ce moment là. Je l’ai apprécié humainement, c’est pour ça que je ne peux pas vraiment le haïr. Je pourrai lui reprocher pleins de choses. Il a un côté plus humain que l’autre même si c’est un grand manipulateur aussi. Mais lui contrairement à ce qu’on pourrait croire a toujours mieux accepté les critiques que Shen. Mais, ils n’ont pas fait d’aide sociale avec moi. Ils l’ont peut être fait avec d’autres potes à eux avec qui ils ont voulu s’encanailler mais pas avec moi. Encore une fois, j’ai été payé pour un travail que j’ai bien fait, j’ai donné un ton et une âme ce magazine et ça a dépassé les objectifs de départ. Les NTM y ont largement trouvé leur compte. Et au delà de ça, ça reste un très bon magazine. Indirectement c’est le magazine qui a amené Alain Chabat à co-produire leur documentaire. Il les a reçu à « La Grosse Emission » sur Comédie. Chabat a fait l’éloge du magazine et leur a dit qu’il aimerait en faire une adaptation télé. En voyant ça, j’ai appelé Nardone. Eux cherchaient une boite de prod, car on avait plus de 100 heures de rushs vidéo que j’avais filmé lors de la dernière tournée et à leurs cotés. Au final l’adaptation télé du magazine est tombée aux oubliettes mais Chabat a produit Authentiques, le docu.

    Photo © Aurore Vinot

    GB : Pour l’avoir vécu de l’intérieur, comment as-tu perçu l’émergence du groupe NTM à leurs débuts ?
    Sear : Quand les 93MC ont fait alliance avec NTM, je leur ai dit qu’ils se faisaient carotter car ils avaient déjà tout déchirer. L’histoire, c’est qu’un jour Shen a taggué 93MC. Kea était allé le voir pour lui demander pourquoi et ils se sont fait embobiner pour fusionner. Nous, On se retrouvait tous au Carrefour de Saint-Denis. Shen, on le voyait passer mais il ne disait bonjour à personne. On ne le connaissait pas. Il habitait à la Montjoie, une co-propriété de Saint-Denis. Ses parents n’étaient pas de gros bourgeois, ce sont des gens qui ont travaillé, mais à l’échelle de Saint-Denis, ça allait, comparé à nous qui vivions presque tous en cité. Ce n’était pas la même chose. Petite anecdote à ce sujet, Bruno (Kool Shen) me disait « cet enculé de Squat joue au tennis au Country Club et moi je joue dans tel club (moins huppé) ! ». Ce qui était vrai d’ailleurs pour Squat mais je lui avais quand même répondu « ouais, ok Bruno, mais nous, tu sais, on joue au tennis contre un mur ! » (rires). Je n’avais pas une très bonne image des NTM à la base. Ils côtoyaient des gens comme Paco Rabanne. Des mecs comme Joey, Squat & co… étaient les premiers à mettre les pieds aux Bains Douches. Aucun de nous n’aurait pu imaginer y rentrer. D’ailleurs, on ne savait même pas que ça existait. Il faut dire aussi que c’était les premiers à s’en foutre dans le zen. C’est le cliché que j’avais d’eux. Après, il faut relativiser, les mecs avaient 16 ans, ils passaient à la télé, ils faisaient de la pub pour Beneton. Quand tu regardes l’histoire des Rock Steady Crew, c’est la même. Des gars super célèbres à 17 ans qui se retrouvent à côtoyer les milieux de la nuit pour que tout se casse la gueule par la suite. Ils y ont tous laissé des plumes. Joey traînait dans ces milieux là alors qu’en même temps, il n’avait pas où dormir. Bref, l’image qu’ils véhiculaient était un peu celle de vedettes du hip hop parisien. Quand Colt et Mode ont fait la fameuse couv’ de Get Busy, c’était chez Colt. Il en est le vrai concepteur. Mode, c’était le bras de Colt là dessus. En discutant avec Colt, on s’est rendu compte qu’on avait rien à voir avec eux en réalité. Ils avaient une image « hardcore » à l’époque mais aujourd’hui NTM ça serait plutôt De La Soul comparé à ce qui se fait aujourd’hui. Ce n’était pas non plus des grosses cailleras de cités comme les médias nous les ont présenté. Je n’ai pas grandi avec eux. J’avais déjà la vingtaine quand je les ai vraiment rencontré. Joey vivait déjà sur Paris, à Bastille. Avant, Shen restait uniquement dans son coin à jouer à la Belote. C’est ce que j’ai apprécié chez Kool Shen au début : je trouvais qu’il n’avait pas ce côté mondain hip hop. Je l’ai trouvé assez terre a terre, un peu prolo à rester chez lui à jouer au foot et aux cartes. Il se vantait même de n’avoir jamais acheté un disque ! Il venait nous parler de Biggie alors que ça faisait deux ans qu’on l’écoutait (rires).

    C’est ce que j’ai apprécié chez Kool Shen au début : je trouvais qu’il n’avait pas ce côté mondain hip hop. Je l’ai trouvé assez terre a terre, un peu prolo à rester chez lui à jouer au foot et aux cartes. Il se vantait même de n’avoir jamais acheté un disque ! Il venait nous parler de Biggie alors que ça faisait deux ans qu’on l’écoutait (rires).

    Il a toujours eu un temps de retard sur l’actualité du rap, mais c’est un bosseur, c’est un compétiteur. Il ne faut pas lui enlever ça. Au foot, dans le rap ou au poker, Il joue vraiment pour gagner. C’est un besogneux perfectionniste. A l’époque, il ne traînait pas spécialement avec des rebeus. C’est seulement quand il y a eu une alliance avec les 93 et qu’il a commencé à trainer au Vert Galant (ndlr : cité de Saint-Denis). Et là, c’est devenu un peu un autre Kool Shen, qui m’intéressait beaucoup moins. Pour moi, il y a eu deux Shen, celui de la Montjoie, puis celui du Vert Galant. Et ça aussi, ça a mis de la distance entre nous. Mais à cette époque faut comprendre que les liens se font aussi par d’autres personnes du groupe, comme Kast (choriste) et Reak (danseur) qui étaient des potes. 25 ans après, Reak est resté un de mes meilleurs potes. Il y avait aussi Patou, la mère de Lady V qui était devenu un peu la marraine de Get Busy mais aussi quelqu’un d’important dans ma vie. Donc il y avait de l’affectif et de l’émulation. On venait tous de Saint-Denis, donc il y a aussi une grosse part de chauvinisme. On avait envie que NTM cartonne. Peut-être qu’ils n’ont pas été à la hauteur de ce qu’on attendait d’eux. Ou peut-être avons-nous été trop naïfs et leur en avons-nous trop demandé. Aujourd’hui, même si on se parle plus, et qu’il y a des déceptions profondes, j’ai aussi des souvenirs de bons moments de barre de rires. Je n’ai même pas de haine envers eux aujourd’hui. Je les chambre parce que c’est des « vedettes », donc des cibles, mais ça a toujours été comme ça entre nous en vrai. Sauf que comme on se calcule plus ça donne une impression de petite guerre. Mais en fait je m’en fous. Et eux aussi surement. Je ne leur manque pas et ils ne me manquent pas non plus. Le truc amusant, c’est que Get Busy, les 93 MC, Psykopat, etc… et plein d’autres gens qui ont croisé leur chemin, on est tous resté plus ou moins potes. On a du plaisir à se voir quand on se voit et on a tous à peu près les même conclusions à leur sujet. Mais je dirais que c’est partout comme ça, en bas de la montagne on est toujours plein et au sommet, il n’y a de la place que pour une poignée d’individus… voir deux… ou même qu’une seule personne ! Avec l’âge, tu comprends que la vie, c’est aussi ça. Encore une fois, on était jeunes, eux comme nous.

    GB : Penses-tu que le débat authenticité / talent est un facteur qui a joué dans cette histoire ?
    Sear : Les gens, par exemple, peuvent dire ce qu’ils veulent sur Booba mais il a du talent. Il a un truc. Joe Dalton peu dire qu’il est plus vrai que Booba, mais à chaque fois qu’il a essayé de rapper, ben ce n’était pas terrible. Alors ouais à la bagarre, dans la rue, il est le plus fort, mais ce n’est pas forcément vrai avec un micro et un stylo à la main. Difficile d’être bon dans les deux. La polémique NTM / Booba m’a beaucoup amusé à ce titre. Surtout quand Kool Shen a dit à propos de Booba que « quand tu te la joues caillera de cité alors que t’as pas grandi en cité, je trouve ça louche ». Inconsciemment, il avait fait son propre autoportrait.

    Angelo & Crazy JM (IZB) et Sear (milieu des années 1990) – Photo © Xavier 2 Nauw

    GB : Des bruits circulent quand à l’écriture de certains morceaux des NTM. Peut-on parler de ghost writing au sein du groupe, avec Yazid notamment ?
    Sear : Je sais qu’à un moment, Yazid a aidé Joey à « finir ses devoirs » sur le premier album. Tout comme on peut dire que les Psykopat les ont aidé sur le troisième album. Je ne dirais pas du ghost writing mais c’était plus sur un nouveau flow, sur les placements… Tu ne peux pas dire qu’untel a volé untel. C’était une émulation de groupes dont certains éléments savaient très bien tirer parti et d’autres non ou moins. Mais c’est la règle du jeu aussi.

    Yazid a aidé Joey à « finir ses devoirs » sur le premier album. Tout comme on peut dire que les Psykopat les ont aidé sur le troisième album. Je ne dirais pas du ghost writing mais c’était plus sur un nouveau flow, sur les placements…

    GB : Comment vois-tu le rôle qu’a joué Sébastien Farran sur la carrière NTM et l’image du groupe ?
    Sear : Seb Farran est né dedans. Son grand-père, ses parents étaient déjà dans les médias, la musique… A la base, c’est aussi, je pense, un vrai fan de NTM. C’est devenu un élément clé pour leur carrière. Je pense qu’il a été efficace. A titre personnel, je sais que beaucoup de gens ayant eu affaire à lui via NTM ne l’aime pas. Mais il est là pour faire du bizness, pas du social. Ni pour se faire des copains. Pour moi, il n’a été ni un pote, ni un ennemi. Entre nous, les choses ont toujours été plus ou moins correctes. Mais il faut dire que j’avais plus Nicolas Nardone comme interlocuteur que Seb Farran. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il n’a jamais caché son extraction sociale. Il assume son milieu social et les avantages que cela lui a donné dès le départ. Mais il a aussi son mérite personnel. Plus que le manager, c’est quasiment la nourrice de Joey depuis toujours et ce n’est pas rien comme sacerdoce ! Dans le docu « Authentiques », Joey disait qu’entre lui et Kool Shen, « c’est comme dans un couple mais qu’on sait pas encore qui est l’homme et qui est la femme ». C’est encore plus vrai entre Joey et Farran, sauf que là, on sait vraiment qui est la femme ! (rires)

    GB : Pour en revenir à Get Busy, à en croire les éditos du début, sa vocation première était d’accompagner les auditeurs du rap avec une presse qui maîtrisait son sujet. Avec l’arrivée fourmillante du rap français en 1993, pourquoi n’as-tu pas accompagné tous ces groupes ?
    Sear : On n’était pas vraiment dedans. Il y a un milliard de groupes qui sont arrivés. Ils ne se valaient pas tous réellement et j’avais un temps de retard par rapport à ça, comme avec La Cliqua ou Time Bomb. J’ai commencé à trouver ça pas mal avec le temps mais sur le coup, cela ne me parlait pas vraiment. A cette époque, j’en avais marre de Get Busy et du hip hop. J’étais en décalage, même au début avec NTM ou Assassin qu’on a quand même soutenu parce qu’on avait des potes dedans et par chauvinisme. Mais on citait les autres fanzines parce qu’on était quand même polis.

    GB : Pour notre part, on a créé notre journal en 1993 face au vide journalistique sur le rap français, tout comme Get Busy l’avait fait sur le rap américain auparavant. Comment avais-tu perçu l’arrivée de notre titre sur ce « créneau » ?
    Sear : Tu es forcément dans un truc de compétition au début. Entre votre arrivée en 1993 et 1995, qui marque la fin de Get Busy, on a du sortir qu’un seul numéro. En plus c’est une époque de ma vie ou j’étais saoulé du hip hop comme je disais. J’arrivais à saturation du fanzine, j’étais un peu blasé. Tout le contexte de l’époque, avec La Cliqua puis Time Bomb par exemple, je n’étais pas dedans. Vous suiviez ces trucs-là mais cela m’intéressait moins. Après, tu regardes toujours forcément ce que les autres font.

    Quand on a vu nos gueules à la télé dans « Mon Zénith à Moi » ou à « Ciel Mon Mardi », ça a marqué les gens. Si on le referait aujourd’hui, tout neuf, en arrivant de nulle part, tout le monde en aurait rien à foutre !

    GB : Question quizz : les sorties aléatoires de Get Busy ont-elles contribué : 1- A sa légende ? 2- A sa perte ?
    Sear : Franchement, les deux ! A la fois tu n’es pas stable et à la fois, c’est la rareté qui crée la demande. Cela appartient à toute une époque. Pour certain, c’est l’âge d’or du rap avec le Deenastyle (ndlr : émission de radio historique de la fin des années 1980), Rapline (ndlr : ancienne webtélé du début des années 1990) qui apparaît, Get Busy, Down With This, etc… Cela reste des trucs marquants parce que c’était plus rare et qu’on était moins nombreux. Cela fait parti des fondations. Aujourd’hui, c’est tellement partout, avec tellement de trucs que c’est difficile de se faire remarquer. Quand on a vu nos gueules à la télé dans « Mon Zénith à Moi » ou à « Ciel Mon Mardi » (ndlr : anciennes émissions de télé du début des années 1990, respectivement sur Canal+ et TF1), ça a marqué les gens. Si on le referait aujourd’hui, tout neuf, en arrivant de nulle part, tout le monde en aurait rien à foutre !

    Coulisses de l’émission « Ciel Mon Mardi » (TF1, 1990) IAM, Lionel D, MC Solaar, Sear, SoonE MC…
    Photo © Alain « MasterFlash » Garnier

    GB : Comment expliques-tu l’éradication de la presse hip hop en kiosque ?
    Sear : Internet forcément. C’est aussi le mode de fonctionnement qui a tué toute forme d’alternative possible dans cette presse-là avec les Cachin, Arnaud Fraise et tout ce qu’ils veulent. C’est un système que les rappeurs ont bien voulu accepter aussi. Prends la radio par exemple. Un mec comme Booba a bien décidé de ne plus aller à Skyrock ! Et pourtant, il est toujours l’un des plus gros vendeur de disque ! Qui t’oblige à écouter cette radio ? Les rappeurs auraient du imposer leurs conditions en y allant. Maintenant avec ton iPhone, tu peux écouter 700 000 radios. Il y a toujours un moment où tu passes à autre chose. Il y a bien des mecs qui ont découvert le rap avec Benny B ! Beaucoup ont découvert le hip hop avec Sydney alors que très tôt on a trouvé ça ringard. La conséquence, c’est que ça nous avait poussé à faire autre chose, en mieux.

    GB : Tu as cité Cachin. Justement, il y a quelques semaines, dans une émission de radio, tu lui as rappelé qu’il était à l’initiative de l’instauration du publi-rédactionnel dans la presse musicale. Suivant la définition du « bâtard » que vous donniez à l’époque dans Get Busy, il en incarne pour nous le parfait icône. Paradoxalement, c’est à ce moment que tu te mets à le côtoyer…
    Sear : J’ai toujours parlé à Cachin. Lui et moi, c’est le ying et le yang. Il est l’antithèse de moi et je suis l’antithèse de lui. Il faut qu’il y ait un Cachin pour qu’il y ait un Sear. J’ai toujours eu le même discours avec lui. Il y a deux choses avec Cachin : Rapline et L’Affiche. Dans L’Affiche (ndlr : plaquette commerciale aujourd’hui disparue), Cachin n’était que la vitrine de Franck Fatalot (ndlr : directeur d’édition de presse), qui n’était là que pour faire de l’oseille. Fatalot avait trouvé le bon personnage pour faire ça. Cachin avait même déclaré qu’un magazine était fait pour ramener de la pub et voyager. Moi, je pense que c’est fait pour les lecteurs. C’est donc deux conceptions différentes. Pourtant, je ne sais pas comment il a fait, il a écrit 90% des biographies du rap français et il continue ! C’est un commercial dans sa pratique malgré qu’il ait une vraie culture musicale. Humainement, Il reste un mystère pour moi. Après, c’est quoi Cachin en 2014 ? Je veux bien en 1990 mais aujourd’hui, tout le monde s’en fout. Aujourd’hui, c’est Tonton Marcel, c’est Fred Musa, etc… Cachin représente un danger pour qui aujourd’hui ? Prends l’émission qu’on a fait sur le site de Jean-Pierre Seck, si on aurait mis que des gens avec la même opinion, cela n’aurait pas marché. Tu es obligé d’avoir des antithèses. On projette de refaire ce genre d’émission. Pour Jean-Pierre Seck, son binôme de rêve, c’est moi et Cachin. Il y a aussi des gens d’avant qui ne comprennent pas pourquoi je suis parfois critique avec Squat ou NTM. Il y a des choses auxquelles tu crois à un moment et à un autre moment, tu vois que la réalité n’est pas celle-là. Aujourd’hui, je ne vais plus faire la guerre à Cachin. Ca serait dérisoire. Quand tu connais l’histoire, tu sais que Cachin a centralisé la couverture médiatique et qu’on a identifié le hip hop à travers lui. Mais ce n’est pas spécialement de son fait à lui. Ce n’est peut être pas l’entrée la plus reluisante dans cette culture mais ce n’est pas la seule. Et d’une certaine manière, c’est un mal nécessaire.

    Cachin avait déclaré qu’un magazine était fait pour ramener de la pub et voyager. Moi, je pense que c’est fait pour les lecteurs.

    GB : Aurais-tu accepté la récente nomination de Pierre-Yves Bocquet, journaliste spécialisé dans la presse rap US, auprès de François Hollande (ndlr : yaourt présidentiel) comme rédacteur de ses discours officiels ?
    Sear : Je ne pense pas parce que je ne me serai pas vu avec les socialos (rires). C’est les pires en fait, ni de gauche, ni de droite, bien au contraire. Il vaut toujours mieux avoir de vrais ennemis que de faux amis. Nous sommes la génération des années 1980/1990 et c’est quand même à nous qu’ils l’ont mis profond ! Aujourd’hui, il n’y a pas de gauche ou de droite. Ce qui domine maintenant, c’est l’économie de marché. Et par quasi définition, c’est un système de droite.

    GB : Comment expliques-tu le fait que nous n’ayons toujours pas sur le devant de la scène un journaliste issu de notre mouvement ?
    Sear : Les médias façonnent les individualités à leur image et aucun d’entre nous a voulu jouer ce rôle là. Les gens aiment bien avoir quelqu’un qui leur ressemble. Ca les rassure. On est tous comme ça et c’est la facilité. Les journalistes allaient à Paris VIII et faisaient un dossier complet sur le hip hop parce que c’était le professeur Lapassade qui en parlait. Plus besoin de se faire chier à suivre un graffeur sur les rails. A un moment, Jean-Éric Perrin (ndlr : journaliste musical) s’occupait aussi du hip hop, c’était pas mieux que Cachin. Voire pire car Perrin se cachait derrière un pseudo pour écrire. Comme on est encore avec des soixante huitards rockeurs au contrôle, ils vont encore chercher des Rock & Folk, des Cachin et tout ça.

    Down With This : Trève de plaisanterie, on a mis exceptionnellement aujourd’hui, ce 1er avril, le logo Get Busy à la place du notre après avoir évoqué ces derniers jours un pseudo rachat de Down With This par Get Busy. Au delà de ça, un groupe de presse indépendant issu du hip hop aurait-il un sens d’après toi ?
    Sear : Je pense que non, c’est trop tard pour ça. Et puis quelque part, Booska P, Tonton Marcel… ce sont des indépendants. Même R.A.P. est devenu un magazine indépendant. A titre personnel, j’aime bien fonctionner en petit comité avec des gens que je connais et que j’apprécie humainement aussi. Donc les alliances, les unions… c’est toujours mieux sur le papier que en vrai. En fait, c’est comme avec tes voisins, on est toujours mieux chez soi qu’à vivre sous le même toit. Il est préférable de se voir que de temps en temps pour faire un barbecue quand il fait beau.

    DWT : Par contre, tu annonces le vrai retour de Get Busy pour septembre 2014, peux-tu nous en dévoiler les contours ?
    Sear : Le projet n’est pas de refaire un magazine purement rap. Ça sera plutôt un mag culturel avec une vibe hip hop. Si tu es hip hop, tu peux traiter tous les sujets avec un certain angle. Un angle qui prend en compte notre vécu et notre façon de voir la société. Ce que tout le monde ne peut pas faire à la finale. Il ne sera pas simplement question de suivre l’actualité. Prends l’exemple de Kaaris, le mec est partout sur le net, les gens n’ont pas besoin de Get Busy pour trouver cette actualité. Par contre, on pourrait le rencontrer sur d’autres angles que son studio, son embrouille avec Booba ou son dernier featuring à la mode. On parlera de musique mais ça ne représentera que 10 % du contenu. Les gens restent focalisé sur l’époque du fanzine parce que c’est mythique et que c’est leur jeunesse. Mais on a fait des trucs vachement plus intéressants après et c’est de cette manière qu’on veut revenir. Les anciens articles, époque fanzine, sont marrants mais ils sont light. Quand les gens ne te parlent que de ça, tu es touché mais au bout d’un moment ça te saoule aussi. Ce qui est plus flatteur pour moi, c’est ce qui a forgé certains de nos lecteurs, comme les pages qu’on avait faîtes sur Jacques Vergès ou l’article sur Charlie Bauer. On est plus sur cette ligne éditoriale. C’est plus intéressant qu’une chronique de deux lignes sur Solaar qu’on a fait il y a vingt ans.

    Photo © Aurore Vinot

    DWT : Tu évoquais ton attitude critique sur NTM et Assassin. A ce propos, qu’est ce qui fait que tu en remettes une couche régulièrement sur ton mur facebook au sujet d’Assassin ?
    Sear : Pour moi, à part le tout début, et surtout le premier maxi, Assassin a toujours était une source de rigolade. J’ai regardé une vidéo où Madj (ex-Assassin Productions) réglait ses comptes avec Squat. C’est marrant parce que Madj le savait quand il était dedans. Nous le savions avant qu’il y aille mais bon, il y ait allé quand même. Je pense qu’il y croyait au début. Après, il a serré les fesses et mangé la gamelle. Donc ça fait un peu vieille maîtresse délaissée qui balance aujourd’hui sur son ex-amant en oubliant qu’elle a quand même couché avec pendant plus de 10 piges ! Je veux bien croire que Madj a une culture politique, un discours même si chez lui, il y a un décalage entre les grands discours et les actes parfois très petits, mais Squat, c’est un clown. Après je reconnais que quand tu es dedans, ce n’est pas facile, tu as des affinités alors tu es toujours plus indulgent avec ton pote. Il y a des choses que tu ne vois pas ou que tu ne veux pas voir. Mais il n’a pas mis 10 ans à savoir qui était Squat.

    Fondamentalement, la rébellion chez les bourgeois est facile car il y a toujours un moment ou ils rentrent dans le rang. Il y a toujours leur place qui les attend au chaud. Ils peuvent y aller. C’est la différence.

    Aujourd’hui, il y a une sorte de retour en grâce comme quoi Squat serait le dernier des Mohicans ! Fondamentalement, c’est un mec qui a raté sa vocation. Dans ses textes, il veut être Ché Guevara mais en vérité, tout ce qu’il aurait du faire, c’est de l’égo trip et parler sur le cul des renois. Sa vraie nature est là. C’est un putain de mégalo. Il n’est pas humble, c’est un mec qui insulte la misère. Le mec est en décalage, il n’a même pas réalisé qu’il a grandi dans un hôtel particulier. Il devrait la fermer de temps en temps. Joey me disait que chez lui, rien qu’en mobilier, tu te prenais une gifle. Après, il a grandi là-dedans, il n’a rien demandé comme moi je n’ai rien demandé en grandissant à Saint-Denis. Mais s’il te plaît, ne nie pas ce que tu es en te la racontant dans une favéla ! Il fabule sur la misère alors qu’il y a des mecs qui naissent, qui vivent et qui crèvent dans des favélas en rêvant d’hôtels particuliers. Lui, il trippe à faire le chemin inverse. Etre riche n’empêche pourtant pas d’être un rappeur, un danseur ou super tagueur ! Solo avait gentiment évoqué sa rencontre avec Squat comme étant la rencontre improbable d’un gamin d’Antony avec un gosse de riche. Il l’avait super mal pris. Quand ta mère a un 200 mètre carré à NYC avec vue sur Central Park, que tu as une résidence secondaire à Thoiry et que tu as grandi sur les hauteurs de Montmartre, ne t’invente pas une misère dont tu n’as jamais été victime. Si ce n’est pas être gosse de riche, c’est quoi alors ? Mais encore une fois, on peut être riche et aimer le hip hop ou en être un acteur majeur, ce n’est pas ça qu’on lui reproche. Donc ce n’est pas de ça dont il aurait du avoir honte pendant toutes ces années. Quand j’ai vu son clip sur l’Afrique, c’est la plus grosse barre de rire que je me suis tapé de ma vie. C’est dégueulasse ce clip fait par Kim Chapiron. Tout le clip, c’est la quintessence du « bwananisme ». Il ne manque que l’image de la femme a seins nus en train de piler du mil, et tu as tous les clichés de la terre sur l’Afrique en un clip. Quand je lui parlais encore, il m’avait raconté ses fausses embrouilles avec sa belle mère. Bah putain, vient faire un tour chez nous et tu vas en voir des vrais problèmes familiaux ! J’ai une anecdote qui résume tout Squat pour moi : des mecs partent au Brésil avec lui, fasciné par lui, le KRS2. Ils le voient partir avec deux putes. Face aux mecs qui étaient un peu dépités de voir ça, Squat leur dit « attention man, moi les putes, je ne les paie pas, je leur apprend à parler anglais pour qu’elles puissent s’en sortir dans la vie ! ».  Voilà, c’est tout Squat à mes yeux ! Ce qu’il aime dans le ghetto, c’est le cul des renois. Par contre, une chose à son crédit : je pense qu’il croit vraiment à ses conneries. Il ne sait même plus où il habite, ils sont 36 dans sa tête. Il va dénoncer le « rap caillera » et il part faire des morceaux avec LIM ! Mais il se fout de la gueule de qui ? Sois cohérent ! Après, il veut se mettre avec des Mac Tyer, des mecs de rue. Mais il cherche à acheter quoi ? Il vient y chercher un fantasme. Bref, et puis surtout, il est devenu mauvais depuis des années et ça se voit. De toute façon, j’aurai toujours plus d’indulgence pour le mec qui vient d’en bas. Fondamentalement, la rébellion chez les bourgeois est facile car il y a toujours un moment ou ils rentrent dans le rang. Il y a toujours leur place qui les attend au chaud. Ils peuvent y aller. C’est la différence. J’ai toujours eu plus d’indulgence pour le « Rastignac » prêt à tout pour y arriver et grimper. C’est pour ça que je préfèrerais toujours un Joey Starr à un Squat.

    DWT : Deuxième chose sur ta présence sur facebook, on est en mesure de se demander si tu n’aurais pas un problème psychologique avec le sexe ? Tu en parles beaucoup de manière crue sur ce réseau. Cela n’est pas nouveau puisque tu publiais déjà des photos spéciales dans Get Busy
    Sear : Les gens retiennent souvent ce qui est à leur niveau de compréhension… Il ne faut pas tout prendre au premier degré. Après, c’est un jeu. J’étais quand même un bon pornophile. J’assume tout ce que je dis. Après, tu en ries ou tu n’en ries pas… Pour ce qui est des photos montages, c’était l’influence de Hara Kiri (ndlr : journal satirique disparu créé par le Professeur Choron). Leurs couvs m’avaient marqué quand j’étais gosse Le professeur Choron par exemple, je kiffais bien mais pas au point de m’identifier à lui même si je suis chauve ! Mais vaut mieux s’inspirer de Choron que de Philippe Vall.

    Interview Afrika Bambaataa (début des années 1990) – Photo © Alain « MasterFlash » Garnier

    Je n’ai jamais été Zulu King mais j’allais à tous les anniversaires de la Zulu Nation. (…) Je n’ai jamais critiqué mais pour moi, c’est un truc qui est mort.

    DWT : Tu es retourné l’année dernière à un anniversaire de la Zulu Nation à New York. Tu avais connu ce genre d’événement à une toute autre époque, dans une autre ambiance, il y a maintenant 25 ans. Qu’est-ce que cela t’a inspiré ?
    Sear : Je n’ai jamais été Zulu King mais j’allais à tous les anniversaires de la Zulu Nation. J’étais peut-être même plus Zulu King que les autres finalement. Pendant des années, Deenasty n’avait pas le droit de l’être alors qu’il l’était beaucoup plus que tout le monde. On a reçu le hip hop comme un tout. Si tu étais dans le hip hop, t’étais Zulu. Après, je n’ai jamais été dans le truc religieux du style : tu ne dois pas frauder dans le métro, tu ne dois pas tagger, etc… Si tu connais les mecs de New York, tu vois qu’en vérité, ça a toujours été des grosses cailleras. Ils n’ont jamais été des enfants de cœurs. La fondation, on l’a reçu comme ça. Je n’ai jamais critiqué mais pour moi, c’est un truc qui est mort. Les gens qui essayent de revivre ça, big up à eux, tout ce qu’ils veulent, mais bon… Je suis allé au dernier, à Harlem. Il y avait un plateau de ouf mais tu sens que c’est un truc moribond. Il n’y avait pas la vibe. Le premier anniversaire que j’ai fait, c’était en 1989. Aujourd’hui, ça ressemble à une réunion d’alter-mondialistes venus du monde entier. Ca sent le patchouli et ils vendent de l’encens. Ce n’est plus les trucs comme on a connu avant. Après, peut-être qu’on a vieilli aussi. On a plus 20 ans, ni les yeux de notre jeunesse et on est peut être blasé. Red Alert fait vraiment vieux. C’est le troisième âge mais j’ai toujours un attachement pour ça. En France, on est ailleurs. Vouloir faire revivre ça, c’est vouloir faire du bouche à bouche à un cadavre. C’était un beau truc mais maintenant, c’est comme essayer de faire courir un tétraplégique.

    DWT : Pour finir, ton analyse sur le paysage musical du rap et la mouvance hip hop d’aujourd’hui se traduirait-elle par une satisfaction ?
    Sear : Le rap a gagné malgré tout. Il est partout. Aujourd’hui, des mecs de 40 ans ont grandi avec ça. Je connais même des mecs qui lisaient Get Busy et qui sont devenus avocats (rires) ! Ce courant a influencé la mode, la pub, etc… Même si les gens ne veulent pas le reconnaître, on a gagné. Après, c’est une victoire amère parce qu’en vérité, on ne contrôle pas grand chose. C’est dans l’ordre des choses. En 1983, on est 100. En 1986, on est 500. En 1990, 10 000. Aujourd’hui, on est 10 millions avec tous les inconvénients et tous les avantages que cela comporte. Cette culture a eu sa jeunesse, tout était neuf, tout était à construire. Pourquoi on était si motivé ? Parce qu’on pensait que notre culture était mieux que les autres. On a toujours eu cette contradiction de vouloir être reconnu et de vouloir rester underground. Aujourd’hui, je peux être super critique sur le rap mais à ceux de l’extérieur qui le sont, je leur dit de regarder leur variété française ! Arrêtez de nous casser les couilles. Ils sont capables d’emmerder un groupe comme Ärsenik alors qu’ils vendaient 300 000 albums mais ils préféraient recevoir Patrick Fiori sur tous les plateaux de télé alors qu’il ne vend rien. Le rap reste la musique la plus stigmatisée alors que c’est la musique la plus populaire dans la jeunesse. Tu as toujours malgré tout cette condescendance sociale et ethnique, un racisme latent. Les mecs qui tiennent le truc sont encore des soixante-huitards et des ex-rockeurs. Pourquoi ? Parce que et ce dans n’importe quel domaine, pas que le rap, plus tu vas grimper dans l’échelle sociale et plus tu ne vas trouver que des hommes blancs d’un certain âge avec une certaine idée de tout ça.

    Propos recueillis le 12 mars 2014 par FLo et Nobel avec le renfort d’Alain « Masterflash » Garnier.
    Remerciements particuliers pour leur accueil et leur amabilité à Emmanuel, Muriel et toute l’équipe de la respectable imprimerie coopérative Expressions 2 (Paris 20ème).
    Photos par © Aurore Vinot – Archives © Sear, © Xavier 2 Nauw et © Alain « Masterflash » Garnier.

    Livre « Interdit aux bâtards » par Sear Get Busy (Edition Le Gri Gri – 10 euros) disponible par correspondance ici.

    Le rap a gagné malgré tout. Il est partout. Aujourd’hui, des mecs de 40 ans ont grandi avec ça. Je connais même des mecs qui lisaient Get Busy et qui sont devenus avocats (rires) !

    Photo © Aurore Vinot

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Discussion 7 commentaires

  1. 16 avril 2014 à 20 h 30 min

    Bonne interview. Crazy JM et Angelo: des crèmes.

  2. 8 avril 2014 à 15 h 03 min

    Sear n’a pas changé , a gardé ses convictions et sa capacité d’analyse … Mais bon , ça reste parigo-parisien !
    J’ai cru lire les confessions du concierge de Squatt et Joey Starr dans  » Salut les B-Boys « …
    Attention , à force de se regarder le nombril , on voit son trou du cul !
    Vu de notre belle  » province  » ( pour les ignares la province est un genre de banlieue mais plus loin ), on dirait Vivement Dimanche avec DWT dans le rôle de Drucker et Sear qui fait Laurent Gerra ! Hé les gars , depuis 25 ans , il s’est passé des trucs dans le Hip-Hop français , et dans tout le pays ! Il y a même un groupe de Rap marseillais qui n’a jamais lâché l’affaire : Produire des instrus et des textes de qualité et les défendre sur scène , ça occupe … Du coup on a plus le temps pour les commérages et la branlette …
    Tonton Imhotep du groupe IAM

    • 15 avril 2014 à 17 h 13 min

      Tonton,moi je trouve que c’est bien d’avoir un peu les versions OFF et quelques anecdotes marrantes sur toutes les « vedettes » de notre adolescence,parce qu’a les entendre tous,ils sont hyper géniaux,c’est les meilleurs,blah blah blah.ça fait du bien de les voir se faire descendre du piédestal sur lequel tout le monde les a mis.Sear a raison de se foutre de leur gueule,quand t’as un appart à Montmartre,que t’es issu d’une famille de blindé,arrete de parler de misere,c’est pas possible des trucs pareils,la misere vendu en FNAC 135 frs.OK.C’est gens là ne sauront jamais ce que c’est la vraie vie,le grand frisson de ne pas pouvoir payer un cadeau à son gosse,ou galerer a regler la derniere grosse facture EDF,ou une semaine de vacance dans l’année,mais pendant ce temps là, »eux » on le cul dans les avions toutes les semaines et insulte la vraie misere.Quand tu commences à avoir la trentaine bien tassé,que t’as vécu une vie de prolo,ce genre d’anecdotes me fait bien plus sourire,que de les voir éternellement nous ressortir un enieme titre super mauvais ou plus personne n’a rien a dire qui n’a déjà était dit 20 avant.

      Oui Imothep il y a eu des choses bien dans le rap en France depuis 25 ans,ça tout le monde le sait,la version officielle est belle,aprés l’horloge tourne hein…J’ai du respect pour le 1er IAM,pour votre carriere,mais aujourd’hui à bientôt 55 balais,faire Urban Peace,dont le parrain est julien dray,entre maitre gim’s et un autre clown à la mode,se faire prendre en photo par des enfants de 8 ans et demi,je pense que la boucle est bouclée et qu’il faut savoir s’arreter,honnetement….C’est mieux.Et je dis ça sans animositée aucune.

  3. 2 avril 2014 à 11 h 09 min

    Plus qu’à attendre septembre prochain pour la suite…

  4. 2 avril 2014 à 6 h 40 min

    Mortel de chez mortel,le passage sur squat,le jules ferry du rap aka KRS2 (fantastique de barres ),c’est comment dire,énorme.Ce tartuffe,ce démasquage.AH AH

    Un costard trois pieces pour l’été et les claquettes qui vont avec.

  5. 1 avril 2014 à 20 h 12 min

    Oui Mortel ! Que dire de plus…Juste mortel ! Bravo pour cette interview ! RESPECT à vous tous !

  6. 1 avril 2014 à 12 h 39 min

    Mortelle interview, une franchise salutaire.
    Le temps passe mais les idées restent bien en place, respect.

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